Wiggins, la patte de l'expert

Bradley Wiggins a remporté la 99e édition du Tour de France. (Reuters)

Bradley Wiggins a remporté la 99e édition du Tour de France. (Reuters)

Bradley Wiggins a apposé son nom au palmarès du Tour de France, ce dimanche, à Paris, devenant au passage le premier Britannique vainqueur de la Grande Boucle. Bien emmené par son équipe Sky et notamment son lieutenant, Christopher Froome, coéquipier modèle, l'homme aux rouflaquettes n'a laissé aucune chance à ses rivaux de venir contester sa domination.

C’est une grande première sur le Tour de France. Pour la première fois en effet dans l’histoire de la Grande Boucle, un Britannique va rejoindre Paris avec le maillot jaune sur les épaules (*). Héritier de Tom Simpson, Robert Millar ou encore Chris Boardman, le natif de Gand en Belgique, où son père Australien Gary était coureur, n’était pourtant pas programmé pour gagner un jour la plus grande course cycliste du monde. Formé à l’école de la piste, celui qui a passé son enfance à Londres avec sa mère y a décroché ses premières grandes victoires: six titres de champion du monde et six médailles olympiques dont trois d’or en trois olympiades (Sydney en 2000, Athènes en 2004 et Pékin en 2008).

Pourtant, il s’essaye également très tôt à la route au sein d’équipes françaises. Après deux ans passés au sein de la FDJ de Marc Madiot (2002-2003), il rejoint ensuite le Crédit Agricole de Roger Legeay (2004-2005), puis la Cofidis (2006-2007) avec laquelle il participe à ses deux premiers Tour de France. 123e en 2006, il est contraint de quitter la course en 2007 comme le reste de son équipe suite au contrôle positif de l’Italien Cristian Moreni. Après un retour triomphal sur la piste en 2008 avec deux titres olympiques (en poursuite individuelle et par équipes), il se consacre définitivement à la route en 2009 en signant chez Garmin.

Aminci, il a perdu une dizaine de kilos, il termine quatrième du Tour de France cette même année, derrière Alberto Contador, Andy Schleck et Lance Armstrong. Mais sa carrière prend une nouvelle ampleur en 2010 lorsqu’il s'engage avec le Team Sky. Créée à l’initiative de la fédération britannique de cyclisme, la formation dirigée par Dave Brailsford mise beaucoup sur Wiggins, qui excelle dans son exercice favori du contre-la-montre en remportant notamment la première étape du Tour d’Italie 2010, avant de se muer en potentiel vainqueur d’un Grand Tour grâce à ses progrès effectués en montagne.

Le nouveau patron du peloton ?

Lauréat du Critérium du Dauphiné en 2011, il figure alors parmi les grands favoris du Tour, mais il voit ses espoirs réduits à néant dès la première semaine suite à une fracture de la clavicule consécutive à une chute. Il termine sa saison par une troisième place sur la Vuelta, derrière Juan José Cobo et son coéquipier, un certain Christopher Froome, qui lui a volait la vedette en montagne. Revenu encore plus fort en 2012, "Wiggo" gagne partout où il passe, Paris-Nice, Tour de Romandie, Dauphiné et donc le Tour de France.

Epaulé par une formation Sky souveraine qui n’a laissé que des miettes à ses adversaires et soutenu jusqu’au bout son leader malgré les jambes de feu de Froome, qui aurait peut-être pu espérer mieux que sa deuxième place, Wiggins a aussi peu à peu laissé s’effacer l’image d’un homme discret, pour montrer celle d’un vrai leader, capable de s’imposer par ses performances sur la route, mais aussi par son aura au sein du peloton, où il jouit apparemment d’une belle cote de popularité. Son air détaché, son look, son sens de l'humour mais aussi son caractère, qu’il laisse parfois entrevoir en interview, ont également un peu ébréché l’image un peu trop lisse qu’on lui prêtait jusqu’alors.

A 32 ans, "le gamin de Londres qui rêvait de remporter le Tour", comme il se définit lui-même, est en tout cas à l’apogée de sa carrière. Parviendra-t-il à rester à ce niveau encore plusieurs années ? Difficile de le savoir aujourd’hui, mais les passionnés de vélo et du Tour rêvent sans doute de le voir face à un Alberto Contador ou un Andy Schleck en pleine forme. Pourquoi pas dès l’an prochain à l’occasion de la 100e édition de la Grande Boucle ?

(*) La Grande-Bretagne est la treizième nation à remporter au moins une fois le Tour de France: France (36), Belgique (18), Espagne (12), Etats-Unis (10), Italie (9), Luxembourg (5), Pays-Bas (2), Suisse (2), Allemagne (1), Australie (1), Danemark (1), Irlande (1) et donc Grande-Bretagne.

Le Tour sur votre mobile
en images
Le "Diablo" aime aussi le foot Le plaisir de la victoire Chute à l'arrière ! En reconnaissance Le poing levé
à lire aussi