Sanchez, foi de baroudeur

Luis Leon Sanchez a sauvé l'honneur des Espagnols. (Reuters)

Luis Leon Sanchez a sauvé l'honneur des Espagnols. (Reuters)

Souvent à l'attaque sur les routes du Tour de France 2012, Luis Leon Sanchez a fini par remporter son étape, dimanche, lors de la quatorzième levée entre Limoux et Foix. Le baroudeur espagnol s'est imposé en solitaire devant ses anciens compagnons d'échappée, Peter Sagan et Sandy Casar. Victime de plusieurs crevaisons, Cadel Evans s'est fait peur mais est arrivé dans le même temps que Bradley Wiggins, toujours maillot jaune.

C’était presque écrit dans le profil de l’étape. Avec ces deux montées de première catégorie, dont ce mur de Péguère à 45km de l’arrivée, la victoire devait revenir à l’heureux élu d’une échappée au long cours. Ça n’a pas loupé, dans des proportions d’ailleurs assez drastiques, puisque les hommes de tête ont pris jusqu’à 16 minutes d’avance sur le peloton. Comme attendu également, la bagarre pour le classement général n’a pas évolué d’un iota, et Luis Leon Sanchez a été récompensé de ses nombreuses offensives depuis le début du Tour. Doublé de justesse par Thomas Voeckler mercredi dernier, il avait aussi été grillé de justesse samedi. Incontestablement, il représente la bouffée d’oxygène des Rabobank cette saison.

Mais peu après le départ de Limoux, c’est bien Peter Sagan qui avait encore dégainé le premier. Déjà auteur d’une première attaque au km19, le Slovaque de la Liquigas ne s’est pas découragé après avoir été repris. Seulement 16 bornes plus tard, il en a remis un coup en étant d’abord accompagné de Steven Kruijswijk et Sergio Paulinho. Celle-ci sera la bonne, renforcée au km54 par huit autres contre-attaquants, dont Philippe Gilbert et trois Français, Sandy Casar, Cyril Gautier et Sébastien Minard. Et Luis Leon Sanchez, donc. "On avait perdu plusieurs coureurs dès la deuxième étape, c’est très beau de gagner, confiait le directeur sportif de la Rabobank, Frans Maassen. Il nous avait déjà sauvés l’an dernier, il était venu pour gagner une étape."

"Il fallait trouver le moment juste"

Malin, l’Espagnol a réussi à gicler au bon moment, c’est-à-dire à 11 kilomètres de la fin, pour profiter d’un ravitaillement express de Sagan et donc d’une baisse d’attention de sa part. "On savait que ça allait être très compliqué, il fallait trouver le moment juste", a simplement expliqué le vainqueur du jour peu de temps après son succès. Ému aux larmes au moment de descendre de son vélo, le coureur de 28 ans a empêché la quatrième victoire d’un très fort Sagan, qui n’a pas spécialement cherché à rouler comme un damné une fois que Luis Leon Sanchez avait créé son trou d’une vingtaine, puis d’une trentaine de secondes.

Mais l’Ibérique a aussi évité la quatrième victoire... d’un Français, en l’occurrence Casar qui avait réussi à prendre les devants pendant quelques instants sur la descente après Péguère. Sagan est vite réapparu, avant de se faire déposer comme les autres. Le leader de la FDJ a tout de même réussi à prendre la troisième place derrière Sagan, et devant Gilbert. Dommage pour le Belge de BMC, qui a enfin réussi à se montrer aux avant-postes. En revanche, son leader a vécu une sale journée, puisque Cadel Evans a crevé trois fois à cause de clous de tapissier déposés par un spectateur au sommet du mur de Péguère. Bradley Wiggins et Vincenzo Nibali y ont eu droit aussi, et le peloton a régulé le trafic dans un intelligent arrangement. Luis Leon Sanchez et ses camarades avaient été épargnés.

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