Fédrigo puissance 4

Le Français s'est imposé à Pau. (Reuters)

Le Français s'est imposé à Pau. (Reuters)

Et de quatre pour Pierrick Fédrigo! Comme en 2006, 2009 et 2010, le coureur de la FDJ-Big Mat terminera le Tour de France avec une victoire au compteur. Le Marmandais s'est imposé lundi à Pau, lors de la quinzième étape, devant son compagnon d'échappée Christian Vande Velde, alors que Thomas Voeckler termine troisième. C'est également la quatrième victoire française de la Grande Boucle.

Pierrick Fédrigo, qui fêtera ses 34 ans en novembre, est bien un homme du Tour. Lundi, le Français y a glané sa quatrième victoire d’étape à l’issue d’une échappée gagnante qui, partie 62 kilomètres après le départ donné de Samatan, dans le Gers, a eu raison de la résistance d’un peloton fatigué et visiblement pressé de bénéficier demain de sa deuxième et dernière journée de repos avant de débouler sur les Champs-Elysées dimanche prochain. Le coureur de la FDJ-BigMat, plutôt discret lors des deux premières semaines de courses, a le mieux négocié parmi les échappés le final d’une levée pyrénéenne paradoxalement très plate (seules trois côtes étaient au menu dans le final) pour s’imposer à Pau et par la même occasion devenir le quatrième coureur tricolore, après Pinot, Voeckler et Rolland, à gagner sur ce Tour 2012.

Il fallait être fort pour le faire aujourd’hui car nombreux étaient les coureurs déterminés à briller sur ce court tracé (158.5) très vallonné mais sans réelle difficulté. Pendant plus d’une heure, à plus de 46 km/h de moyenne, les tentatives furent légion mais le peloton veillait au grain. Jusqu’à la bonne échappée, dessinée peu avant Montesquiou et composée de six coureurs dont les Français Fédrigo, Thomas Voeckler et Samuel Dumoulin, tous déjà lauréats sur la Grande Boucle. Pour leur tenir compagnie, l’Américain Christian Vandevelde, ancien porteur fugace du maillot rose sur le Giro, le Belge Dries Devenyns et le Danois Nicki Sorensen, revenu au courage après avoir manqué le bon wagon. Soudain résigné, à l’image de l'équipe Lotto-Belisol, le peloton laissait filer. En moins de 10 kilomètres l’écart indiquait déjà six minutes et n’allait cesser de croître jusqu’à l’arrivée.

Chavanel met le clignotant

Devant, Dumoulin incarnait la plus grande menace en cas d’arrivée groupée tandis que Fédrigo et Voeckler, à la fois rapides et costauds dans les bosses, étaient les plus surveillés. Mais les fuyards collaboraient merveilleusement bien jusqu’à abattre leur carte personnelle dans le final. Et c’est Fédrigo, passée par une saison 2011 cauchemardesque en raison de la maladie de Lyme, qui le premier passait à l’action à sept kilomètres du but. Son accélération sèche laissait tout le monde sur place sauf le rouleur Vandevelde, revenu dans sa roue suite à un gros effort. Les quatre autres, désorganisés, comprirent très vite que la victoire venait de leur filer sous le nez. Celle-ci, promise à Fédrigo beaucoup plus rapide au sprint que l’Américain, n’échappait pas au Marmandais dont la suprématie en vitesse pure n’était même pas contestée par le coureur de la Garmin. Et voilà comment, après Gap en 2006, Tabes en 2009 et déjà Pau en 2010, Fédrigo, l’un des plus grands talents du cyclisme français, sortait de sa boîte pour s’offrir un nouveau bouquet sur le Tour. Voeckler, pour l’honneur, s’adjugeait une troisième place qui ne le consolera pas.

Dans l’aire d’arrivée, le vainqueur peinait à réaliser ce qu’il venait d’accomplir. "C’est vraiment incroyable, soufflait-il. Je dois avoir une bonne étoile au-dessus de moi. Plus on se rapprochait de l’arrivée, plus j’étais motivé. Quand on est échappé avec des rouleurs comme Vandevelde ou des filous comme Voeckler, ce n’est jamais facile à gérer. Mais j’y ai cru jusqu’au bout." A raison d’autant que ses jambes ont répondu présent, lui qui, 59e au classement général ce matin, traversait jusque-là cette Grande Boucle dans l’anonymat. Demain, il pourra savourer sa victoire et profiter, comme les 156 coureurs encore en course, d’une journée (presque) sans vélo bien méritée. Le peloton, arrivé à plus de 11 minutes de Fédrigo, a perdu six nouveaux éléments dont Sylvain Chavanel, malade depuis trois jours et à l’arrêt dès le 13e kilomètre. Preuve que la fatigue pèse sur les organismes usés. Et pourtant ce n’est pas fini puisque mercredi et jeudi promettent la grande bagarre entre les favoris, tous restés au chaud sur la route de Pau, avec les deux grandes étapes des Pyrénées. Bradley Wiggins, maillot jaune imperturbable jusque-là, saura au sortir du massif montagneux s’il touchera du doigt son rêve de remporter la plus belle et difficile course du monde.

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