Cavendish, roi des Champs

Mark Cavendish s'est offert à Paris une 23e victoire d'étape sur le Tour de France. (Reuters)

Mark Cavendish s'est offert à Paris une 23e victoire d'étape sur le Tour de France. (Reuters)

Pour la quatrième année consécutive, Mark Cavendish s'est imposé sur les Champs-Elysées, où était jugée dimanche l'arrivée de la vingtième et dernière étape du Tour de France. Une Grande Boucle 2012 frappée du sceau de l'équipe Sky, Bradley Wiggins et Christopher Froome terminant aux deux premières places du classement général, Vincenzo Nibali complétant le podium.

Comme si tout avait été écrit à l’avance, Mark Cavendish a apporté une dernière touche britannique à cette 99e édition du Tour de France remportée, pour la première fois, par un porteur des couleurs de l’Union Jack en la personne de Bradley Wiggins. Une nouvelle démonstration de la supériorité de l’équipe Sky qui aura imposé sa griffe sur ce Tour 2012 plutôt décevant. Sur les Champs-Elysées, dernière station de la Grande Boucle depuis 1972, Cavendish a réussi la passe de 4 dimanche en montrant qu’il était bien le meilleur sprinteur du monde même s’il a abandonné cette année son maillot vert au talentueux Peter Sagan, lauréat lui aussi de trois étapes depuis le grand départ de Liège et deuxième dimanche sur la plus belle avenue du monde.

Beaucoup plus livré à lui-même depuis qu’il a rejoint l’hiver dernier la Sky, dont l’objectif principal était de faire gagner Wiggins, Cavendish, vainqueur de la deuxième étape à Tournai avant de mettre de côté ses ambitions personnelles, a finalement bien terminé le Tour en ajoutant deux nouvelles victoires lors des trois derniers jours. A Brive d’abord grâce à une anticipation parfaite du sprint, à Paris donc ensuite à l’issue d’une nouvelle démonstration de vitesse. En tête à la sortie du dernier virage, le Cav’, emmené sur un plateau par Edvald Boasson-Hagen, n’a laissé à personne le soin de lui griller la politesse pour s’adjuger un 23e bouquet sur la plus grande course du monde. Le voilà désormais seul quatrième, devant Lance Armstrong et André Darrigade, au palmarès des plus couronnés sur le Tour, à onze unités du recordman en la matière Eddy Merckx.

"Etre emmené par Froome, Wiggins et Boasson Hagen, que rêver de mieux ?"

A l’arrivée, le champion du monde était satisfait que le plan élaboré par son équipe ait fonctionné jusqu’au bout. "On a défini les rôles de chacun avant le départ et tout s’est passé comme prévu, savourait-il. C’est comme ça depuis le début du Tour. Cette édition 2012 a été incroyable et cette dernière étape aussi. Etre emmené par Froome, 2e du général, par Wiggins, le maillot jaune, et par Boasson Hagen pour finir, que rêver de mieux ? (…) Quel finish ! Je suis très fier pour cette équipe Sky et pour la Grande-Bretagne." Pour l’équipe de Dave Brailsford, le triomphe est total. Le pari Wiggins, passé en tête sous la flamme rouge (!), est gagné. Passé des lumières de la piste à celles du Tour de France, le Britannique a réalisé son rêve à l’issue de trois semaines de course parfaitement maitrisées. Le grain de sel qui menaçait de faire dérailler la mécanique aurait pu être Christopher Froome, mais le lieutenant du maillot jaune, deuxième du classement général comme lors de la dernière Vuelta, a joué les équipiers de luxe jusqu’à la fin. L’avenir semble lui appartenir, ce même s’il décide de ne pas changer d’équipe, ce qui semble être sa volonté première.

Cette dernière étape, courue sur seulement 120 kilomètres entre Rambouillet et Paris, aura comme le veut la tradition d’abord été très tranquille, les 153 coureurs rescapés profitant des premiers tours de roue pour savourer la fin de la course avant de se mettre dans le rouge au moment de l’entrée du peloton dans la capitale. Quelques courageux ont bien tenté d’éviter un sprint massif, ce que personne n’a réussi depuis Alexandre Vinokourov , vainqueur en solitaire en 2005, mais les plus téméraires, Jens Voigt, Rui Costa et Sébastien Minard, ont été repris à trois kilomètres du but. L’heure de Cavendish allait alors encore sonner. Le sprinteur de l’île de Man ayant pris pour habitude depuis quatre ans d’être le dernier coureur à lever les bras sur la route du Tour de France.

Le Tour sur votre mobile
en images
Le "Diablo" aime aussi le foot Le plaisir de la victoire Chute à l'arrière ! En reconnaissance Le poing levé
à lire aussi