C'est gagné pour les Sky

Bradley Wiggins sort en vainqueur des Pyrénées . (Reuters)

Bradley Wiggins sort en vainqueur des Pyrénées . (Reuters)

C'est pratiquement une certitude, le vainqueur du Tour de France 2012 sera Britannique et portera le maillot de l'équipe Sky. Jeudi, après la dernière étape de montagne, qui a vu Alejandro Valverde s'imposer à Peyragudes, Bradley Wiggins a conservé son maillot jaune sans souci. Seul Christopher Froome pourrait l'inquiéter, mais il est bridé par les consignes de ses directeurs sportifs.

A Paris, Bradley Wiggins pourra dire un grand merci à Christopher Froome. Le lieutenant du maillot jaune, épatant depuis le grand départ de Liège le 30 juin, était le seul coureur à pouvoir contester la suprématie de son leader sur ce Tour de France. Le deuxième du classement général l’a encore prouvé jeudi dans les derniers kilomètres de la 17e étape quand il a lâché Wiggins à deux reprises avant d’être rappelé à l’ordre dans l’oreillette par son directeur sportif. Dommage car Froome semblait capable dans les dernières rampes de Peyragudes de reprendre Alejandro Valverde, échappé de longue date, pour la victoire d’étape. Surtout que tous les rivaux du maillot jaune, Vincenzo Nibali en tête, avaient déjà capitulé, lâchés par le rythme fou imprimé par le binôme de la Sky dans la dernière des trois grandes ascensions du jour. Froome, qui a repris 18 secondes à Nibali, pourra longtemps regretter de ne pas avoir eu carte blanche car il avait les jambes pour aller cueillir une deuxième victoire après celle obtenue à la Planche des Belles Filles.

Cet épisode reflète assez bien cette tristounette 99e édition du Tour de France, cadenassée par une équipe Sky trop forte pour la concurrence. Les deux grandes étapes des Pyrénées n’ont fait que renforcer cette supériorité. Entre Bagnères-de-Luchon et Peyragudes, à travers notamment le terrible Port de Balès escaladé dans des conditions humides et fraîches, Wiggins et Froome ont encore pu compter sur le travail de sape des gregarii que sont Richie Porte, Michael Rogers et Edvald Boasson Hagen. Nibali, qui avait tenté très loin de l’arrivée de s’immiscer dans une échappée à la faveur de la descente du Col de Menté, n’a jamais été en mesure d’accélérer dans le final, pas plus que Jürgen Van den Broeck et encore moins Cadel Evans, encore une fois lâché par les meilleurs dans le final. Si bien que les deux premiers du classement général, une fois débarrassés de Van den Broeck mais aussi des surprenants Thibaut Pinot et Pierre Rolland (4e et 5e de l'étape), se sont retrouvés esseulés à la poursuite de Valverde à trois kilomètres de l’arrivée.

Wiggins: "Il est incontestablement le plus fort…"

L’Espagnol, sorti depuis novembre dernier d’une suspension de 18 mois pour son implication dans l’affaire Puerto, pourra lui remercier le staff de l’équipe Sky pour avoir avoir tenu à tout prix à ce que Froome accompagne Wiggins jusqu’au dernier sommet. Le leader de la Movistar, dernier rescapé d’une longue échappée de 17 qui a permis à Thomas Voeckler d’asseoir sa victoire au classement du meilleur grimpeur aux dépens de Fredrik Kessiakoff, avait été très peu en vue jusque-là sur ce Tour. Mais son baroud d’honneur, après avoir lâché son équipier Rui Costa dans les dernières pentes du Port de Balès puis escaladé seul Peyresourde et son tremplin vers Peyragudes, méritait d’être récompensé. L’ancien vainqueur de la Vuelta, en 2009, a signé son quatrième succès sur la Grande Boucle, le dernier remontait à 2008 lorsqu’il avait porté le maillot jaune durant deux jours.

Ce maillot jaune tant convoité, Wiggins, sauf incident, le ramènera sur les Champs-Elysées dans trois jours. Mais avant de se projeter, il préfère retenir l’excellente journée qu’il a passée avant de quitter les Pyrénées, sans avoir peur de reconnaître la supériorité de son coéquipier. "Je sors de cette étape sans trop de fatigue, explique-t-il. J’avais d’excellentes jambes. J’ai bien vu que Nibali était dans le dur. Avec Chris (Froome) on a discuté pour s’entendre sur la stratégie. Il m’a encouragé à reprendre des secondes supplémentaires. Depuis le début de ce Tour, on a roulé en équipe. Chris est un excellent équipier en montagne. Il a toutes les chances de gagner le Tour à l’avenir. Mentalement, il est très fort et en montagne, il est incontestablement le plus fort." C’est pourtant l’ancien pistard, lequel a toutes les chances de conforter son avance sur tous ses rivaux samedi à l’issue du contre-la-montre de 53 kilomètres, qui a toutes les chances de devenir le premier Britannique à remporter le Tour de France.

Le Tour sur votre mobile
en images
Le "Diablo" aime aussi le foot Le plaisir de la victoire Chute à l'arrière ! En reconnaissance Le poing levé
à lire aussi