Contador, tout là-haut

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Alberto Contador a tenu bon pour remporter la Vuelta 2012. (Reuters)

Même s’il a souffert dans l’ascension de la Bola del Mundo, arrivée de la 20e étape, Alberto Contador a remporté ce samedi la 67e édition de la Vuelta. L’Espagnol a conservé son maillot rouge de leader avec 1’16 d’avance sur Alejandro Valverde et 1’37 sur Joaquim Rodriguez. C’est Denis Menchov qui s’est imposé au sommet.

C’est au sommet du plus haut col de la Vuelta 2012, à plus de 2200 mètres d’altitude, qu’Alberto Contador a entériné sa victoire ce samedi. Au bout d’une route tellement étroite que les voitures suiveuses n’ont pas accès aux trois derniers kilomètres, le coureur espagnol a rejoint la Bola del Mundo, arrivée de la 20e étape, avec le maillot rouge sur les épaules. De tout là-haut, il peut alors se retourner et juger sa performance après trois semaines d’une course rythmée comme jamais. Et se dire aussi qu’il a réussi son pari. Après avoir purgé six mois de suspension, conséquence de son contrôle positif au clenbutérol sur le Tour de France 2010, Contador a repris la compétition début août avec l’intime conviction de cette Vuelta escarpée était pour lui. Comme pour tirer un trait sur ses déboires. Il l’a fait et il n’y a rien à dire.

Le spectacle que Contador et ses deux principaux adversaires pour le classement général, Alejandro Valverde et Joaquim Rodriguez, ont livré depuis le départ de Pampelune a trouvé son épilogue sur la pente de la Bola del Mundo, dernière grande ascension qui surplombe Madrid. De chasseur, quand Rodriguez portait le maillot rouge, Contador s’est transformé en chassé. Valverde avait même promis "la guerre" pour essayer de combler son retard (1"35 au départ). Mais le leader de l’équipe Saxo-Bank-Tinkoff connaît trop bien cet endroit si inhospitalier. De son domicile, à une heure de voiture du sommet, il s’entraîne toute l’année sur ces routes. Les bosses et leurs pourcentages effrayants (passage à 23% dans la Bola del Mundo) n’ont plus aucun secret pour lui. Ce n’est pas la Navarre de Valverde ou la Catalogne de Rodriguez. Sur ses terres, Contador ne pouvait pas perdre.

Deuxième victoire sur la Vuelta

Comme annoncé, ses deux rivaux ne lui ont pas fait de cadeau. L’explication finale a démarré à trois kilomètres de l’arrivée, quand le bitume cède la place à un route déglinguée, plus proche d’un chemin de transhumance que des lacets de l’Alpe-d’Huez. Rodriguez avait des jambes, il les a utilisées pour s’en aller seul, d’abord en décramponnant rapidement Valverde avec lequel il luttait pour la deuxième place, puis en laissant Contador sur place. Le leader, dans une forme moins éblouissante qu’il y a quelques jours, a limité les dégâts pour perdre le moins de temps possible. Au final, il a abandonné 19 secondes sur Valverde, revenu au train dans le final, et 44 secondes sur Rodriguez, qui doit finalement se contenter de la troisième place du classement général à 21 secondes de Valverde.

Quatre ans après son premier succès, Contador a donc ajouté une deuxième victoire sur la Vuelta. Il a aussi porté à cinq le nombre de grands Tours remportés dans sa carrière (Tour de France 2007 et 2009, Tour d’Italie 2008 et Tour d’Espagne 2008). Il aurait compté deux de plus (Tour de France 2010 et Tour d’Italie 2011) sans l’affaire de la viande avariée ingurgitée lors d’une journée de repos sur la Grande Boucle il y a deux ans. Sa mission réhabilitation est en marche et il a prouvé au sommet de la Vuelta 2012 qu’il est bien l’un des meilleurs coureurs actuels sur les grands Tours.