Contador, du ban au podium

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Alberto Contador a remporté la Vuelta pour la deuxième fois de sa carrière. (Reuters)

Grâce à une très bonne gestion de course, Alberto Contador a remporté ce dimanche le Tour d’Espagne pour la deuxième fois de sa carrière. Le coureur espagnol, qui a purgé six mois de suspension avant de reprendre début août, retrouve déjà le profil d’un futur vainqueur du Tour de France, qui fêtera sa 100e édition en 2013.

A l’orée d’un été marqué par un premier Anglais en jaune à Paris et par les déboires judiciaires d’un Américain en cavale, un Espagnol, mis au ban du peloton professionnel, a signé un retour gagnant. L’actualité du cyclisme est ainsi faite, avec des performances sportives jamais épargnées par la suspicion qui trouvent parfois leur développement devant les tribunaux. Alberto Contador a sa petite expérience du box des accusés. Il y a moins d’un an, il défendait son cas devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) avec l’espoir d’obtenir un peu de clémence après son contrôle positif au clenbutérol sur le Tour de France 2010. Et pour son grand retour à la compétition, après six mois de suspension effective, il a remporté ce dimanche le Tour d’Espagne à Madrid.

Certains diront que rien n’a changé. Ils n’auront peut-être pas tort. Mais sans la preuve d’une quelconque tricherie, il convient alors d’analyser cette victoire d’un point de vue sportif, stricto sensu. Et force est de constater qu’elle est belle cette victoire de Contador. D’abord parce que le parcours dessiné par les organisateurs a offert un terrain de jeu idéal pour le grimpeur madrilène et ses deux compatriotes Alejandro Valverde et Joaquim Rodriguez. Le spectacle que ces trois-là ont proposé au cours des trois semaines de course a été exaltant, parfois éblouissant, comme lors de l’étape vers la Fuente Dé, mercredi, quand Contador a joué un coup tactique admirable pour chiper le maillot rouge de leader à Rodriguez. Les bosses galiciennes et les murs asturiens, comme le Cuitu Negru, ont largement participé à faire de cet Vuelta le grand Tour le plus excitant de la saison.

Malgré un déficit de compétition, Contador a parfaitement géré sa course, ses temps forts et ses moments difficiles. "Je n’ai pas été tous les jours à mon meilleur niveau. Mais j’ai su lutter jusqu’au bout, a-t-il lancé samedi à l’arrivée au sommet de la Bola del Mundo, des propos repris dans L’Equipe. Je savais qu’en débarquant ici, même en ayant été six mois sans courir, j’allais avoir une pancarte de favori. Je m’étais préparé à ça. Ce n’est jamais facile de gagner un grand Tour et j’avoue que j’ai encore du mal à réaliser que je viens de remporter la Vuelta." Bjarne Riis, son directeur sportif chez Saxo Bank-Tinkoff et indéfectible soutien, a salué la performance de son coureur avec une satisfaction non dissimulée: "C’est fou, c’est fantastique, un grand jour pour lui et pour nous. Il a démontré que lorsque les jambes tournent moins bien, il faut savoir utiliser sa tête."

Sur le Tour de France en 2013 ?

Dans quelques semaines, Christian Prudhomme et Jean-François Pescheux présenteront le parcours de la 100e édition du Tour de France. Contador y jettera évidement un coup d’œil. "Pour l’an prochain, je ne sais pas encore quel sera mon programme. Le Tour de France ? C’est une possibilité, a-t-il simplement admis. Mais tout cela est encore loin. Ça dépendra de l’état de forme et du parcours qui sera proposé." Le Grande Boucle pourrait en tout cas réunir un plateau exceptionnel, avec Bradley Wiggins pour défendre son titre, un Andy Schleck revanchard, Christopher Froome pour la confirmation, les Espagnols en rangs serrés, l’expérimenté Cadel Evans, l’opportuniste Vincenzo Nibali et les prometteurs coureurs français. Privé de sa victoire en 2010, Contador pourrait être de la partie pour frapper un grand coup.