Tout bonus pour Valverde

Alejandro Valverde (à gauche) a soufflé d'un rien la victoire d'étape à Joaquim Rodriguez. (Reuters)

Alejandro Valverde (à gauche) a soufflé d'un rien la victoire d'étape à Joaquim Rodriguez. (Reuters)

Le premier test de cette Vuelta 2012, entre Faustino V et Eibar, a fait le bonheur lundi d'Alejandro Valverde, dont le profil de puncheur épousait parfaitement le dénivelé de l'arrivée au sommet de cette troisième étape. Mais c'est Alberto Contador qui a laissé la meilleure impression sur la bosse d'Arrate, au terme de laquelle le vainqueur du jour s'est emparé du maillot rouge.

Alberto Contador est un sacré bluffeur. Un exemple à suivre pour les bookmakers, aussi. La veille, le favori désigné de cette Vuelta 2012 avait incité ses compatriotes parieurs à cocher le nom de Joaquim Rodriguez sur leur petit bulletin. Il faut dire que le profil de la montée finale vers le sanctuaire d'Arrate (5,5 km à 7,8% de moyenne) était parfaitement dans les cordes du grimpeur de poche ibérique. Et il s'en est fallu de peu -d'un boyau ou d'une saute de concentration d'El Purito- pour que son pronostic s'avère exact, Alejandro Valverde soufflant cette troisième étape pour enrichir son palmarès d'une sixième victoire dans son tour national et d'un énième maillot rouge. Ce qui était moins convenu, c'était la performance de Contador en elle-même, lui, qui sept mois après son dernier succès lors d'une levée du Tour du Luis (Argentine), avait également souligné que cette première arrivée en côte arrivait "un peu tôt" dans la course.

Mais les observateurs n'étaient pas tous dupes et avaient vu que le Pistolero avait des fourmis dans les jambes depuis le départ à Pampelune. Il les a dégourdis lors d'une étape typique du Tour du Pays Basque qui sentait la poudre avec un final flamboyant, surtout pour une troisième étape. Mais, avant ce feu d'artifice, qui devait établir une première revue des forces en présence, l'équipe Movistar du leader Jonathan Castroviejo avait dû préparer les festivités en stoppant l'échappée initiale composée de bons baroudeurs et d'un grand nom en la personne de Philippe Gilbert. C'était d'ailleurs étonnant de voir le Liégeois anticiper si loin cette dernière escalade tout comme l'était la volonté de la formation espagnole de rouler si ardemment pour protéger le porteur d'un maillot rouge bien fragile dès que la pente s'élève. A moins que Juan José Cobo, lauréat de l'édition précédente, avait bien récupéré de son infection dentaire et souhaitait le faire savoir.

Mais Contador est bien meilleur bluffeur que le leader de la Movistar, lâché dès les premiers lacets et relégué à 50 secondes à l'arrivée. C'est lui qui a allumé la première grosse mèche en contrant Valverde après que ses coéquipiers aient mené un train d'enfer au pied de l'ascension. C'était certainement lui le plus fort si ses rivaux pour le général avaient pris leurs responsabilités en même temps que les relais dans les pourcentages les plus durs. Ce round d'observation faisait les affaires de Christopher Froome, qui avait du mal à répondre aux à-coups du double vainqueur de la Grande Boucle. Mais sa cadence de pédalage était néanmoins suffisante pour accrocher le groupe des meilleurs, réduit à trois coureurs (Contador, Rodriguez, Valverde), et disputer le sprint, longtemps promis à Rodriguez. C'était sans compter sur la rage de vaincre d'un Valverde forcément revanchard, qui sautait l'élu de Contador sur la ligne. La seule erreur du bluffeur de Saxo Bank.

Le Sport sur votre mobile
en images
Le "Diablo" aime aussi le foot Le plaisir de la victoire Chute à l'arrière ! En reconnaissance Le poing levé
à lire aussi