L'enfer du Cuitu Negru

 Purito-Alberto

Joaquim Rodriguez a résisté à Alberto Contador dans le terrible Cuitu Nigru. (Reuters)

Le Cuitu Negru a tenu toutes ses promesses. A l’issue d’une étape dantesque, Joaquim Rodriguez a conservé son maillot rouge de leader de la Vuelta. Même dans les pourcentages les plus inhumains (jusqu’à 24%) d’une ascension finale de près de 20 kilomètres, "Purito" a résisté aux multiples attaques d’Alberto Contador, qui a encore cédé quelques secondes de bonifications. L’étape a été remportée par Dario Cataldo.

Une étape de légende. Par sa difficulté plus que par son scénario, cette 16e étape de la Vuelta restera dans les mémoires des coureurs comme dans celles des spectateurs. Le terrible Cuitu N"gru a tenu toutes ses promesses et même un peu plus, et c’est l’Italien Dario Cataldo qui l’a dompté. Le coureur de l’équipe Omega Pharma–Quick Step est allé cueillir la plus belle victoire de sa carrière sur les pourcentages les plus inhumains du sommet asturien en déposant, pratiquement à l’arrêt sur les rampes finales à plus 20%, son compagnon d’échappée Thomas De Gendt. Dans un sommet de douleur et de dépassement de soi.

Mais c’est évidemment quelques kilomètres plus bas, vers le groupe des favoris, que tous les regards étaient braqués. Alberto Contador tenait là une occasion en or de reprendre, enfin, le maillot de leader à Joaquim Rodriguez. Le Pistolero avait fait rouler son équipe, étrangement aidée par les Euskaltel, durant toute la journée. Dans l’Alto de Cobertario, puis durant les premiers kilomètres du Cuitu N"gru, les Saxo-Bank ont imprimé un train d’enfer, en espérant que la longueur de l’ascension finale (19,4 bornes à 7% de moyenne) finirait par entamer un Rodriguez si fort dans les arrivées courtes et pentues. "Purito" l’a un peu joué au bluff en se mettant volontairement en queue de peloton lorsque la formation danoise haussait le rythme. Mais il n’a pas cédé d’un pouce quand c’est Contador qui a pris les choses en mains à 5 kilomètres de l’arrivée. Et, comme il le fait si bien depuis le départ de cette Vuelta, Rodriguez en a profité pour aller cueillir, au bout de l’enfer, ces fameuses bonifications (4 secondes) qui lui permettent de rêver à une première victoire dans un grand tour.

Comment faire pour le battre ? C’est ce que doit se demander Contador, désormais pointé à 28 secondes. Froome désormais hors-jeu, Valverde légèrement en retrait, le Madrilène s’est encore une fois retrouvé en face à face avec son rival. Mais ce dernier n’a toujours pas laissé entrevoir la moindre faille. Pas même quand Contador a placé ses accélérations dans les différents passages approchant les 24%. Pas même dans un final effroyable, trois derniers kilomètres à 17% de moyenne, goudronnés pour l’occasion. Plus c’est dur, plus Rodriguez tient bon. Et désormais, il n’y a que sur le Bola del Mundo, samedi, que le leader de la Katusha pourrait laisser filer la consécration de sa carrière.