Baugé, tant que l'or lui échappe...

 Baugé

Grégory Baugé devrait continuer la piste jusqu'aux J.O. de Rio. (Reuters)

Quelques semaines après les Jeux Olympiques de Londres, la déception est encore présente chez Grégory Baugé. Le pistard français, dans une interview accordée à L'Equipe, revient sur ses deux médailles d'argent et évoque surtout son avenir, qui était des plus incertains avant l'échéance olympique. 

On avait quitté Grégory Baugé avec deux médailles d’argent autour du cou et la rage au cœur. Grand favori des épreuves de vitesse, individuelle et par équipes, le pistard de l’Insep ne pouvait se satisfaire de ces deux prestigieux accessits. "Comment aurais-je pu ne pas être sûr de moi alors que j’ai battu tous mes adversaires depuis quatre ans ?", confie-t-il dans une interview à L’Equipe. Baugé avait soif d’or olympique, et il n’a pas été contenté, loin de là. Alors, difficile pour lui d’imaginer quitter les vélodromes, malgré la déception, alors qu’il avait longtemps laissé entendre que ces Jeux Olympiques seraient sa dernière compétition dans la discipline, avant une possible reconversion en tant que coureur de 100 mètres.

"Je digère. Je suis encore dans la déception, mais chaque jour ça va mieux, explique-t-il, à peine rentré de Guadeloupe, où son envie d’or ne s’est pas estompée. Je n'ai pas goûté à l'or olympique et ça, ça ne va pas ! Sur le coup, et pendant les trois ou quatre jours qui ont suivi, je me suis dit : 'Je ne se serai jamais champion olympique.' Mais Teddy Riner ou Lucie Décosse avaient perdu il y a quatre ans et maintenant, ils ont la médaille d'or." De retour à Paris, Baugé doit rencontrer Florian Rousseau en octobre prochain à l’Insep, pour évoquer leur avenir. "Je pense que je vais continuer, parce que j’ai des projets en tête", assure le multiple champion du monde. Mais Baugé va aussi avoir une discussion plus technique avec l’entraîneur national. Parce que la leçon infligée par Jason Kenny et les Britanniques a été trop douloureuse pour être oubliée, et négligée.

"Pourquoi y-a-t-il une telle différence avec les Anglais ?, se demande le Tricolore. S’'il y a une différence avec les Anglais, c'est aussi qu'il y a des choses qui ne vont pas chez nous, qu'il faut essayer de changer de système. Après une défaite, tout le monde doit se remettre en cause. Et moi le premier. C’est ma défaite." Baugé admet qu’il va changer son mode de fonctionnement lors de la prochaine olympiade. S’aérer l’esprit en accordant plus de temps à la famille, la musique et à son diplôme de préparateur physique. Et l’athlétisme ? Baugé admet qu’il va peut-être prendre une licence. "Pour le plaisir."