"Vino", vidi, vici

Alexandre Vinokourov va pouvoir prendre une retraite dorée. (Reuters)

Alexandre Vinokourov va pouvoir prendre une retraite dorée. (Reuters)

A 38 ans, et pour sa dernière année chez les professionnels, Alexandre Vinokourov a créé une petite sensation en devenant champion olympique, samedi, sur le circuit tout plat de Londres. Le Kazakh, qui avait momentanément annoncé sa retraite la saison dernière, a profité d'une course de mouvement pour devancer au sprint son compagnon d'échappée Rigoberto Uran. Alexander Kristoff complète le podium. Le premier Français, Sylvain Chavanel, est 20e.

Douze ans après sa médaille d’argent acquise aux Jeux Olympiques de Sydney derrière Jan Ullrich, Alexandre Vinokourov ne s’attendait peut-être pas à remonter sur un podium olympique. Mais le Kazakh de 38 ans, qui devrait prendre sa retraite sportive à la fin de l’année, a su profiter des circonstances de course pour s’imposer samedi à Londres, au grand dam du public local, qui attendait le sacre de Mark Cavendish. Mais l’équipe britannique comme les Allemands, qui ont travaillé pour leur sprinteur André Greipel, ont été surpris par une échappée d’une trentaine de coureurs qui s’est formée à une trentaine de kilomètres de l’arrivée.

Contrairement aux pronostics qui annonçaient quasiment à coup sûr un sprint massif, la course en ligne de ces JO 2012 a été plus ouverte que prévue. Sur un parcours de 250 km découpé comme suit, 75 km de plat, puis un circuit dans le parc de Box Hill avec une côte de 2,5 km (à 4,9% de moyenne) et de nouveau 48 km de plat pour revenir dans le centre de Londres, le dernier vainqueur du Tour de France Bradley Wiggins et ses coéquipiers, David Millar, Christopher Froome et Ian Stannard, n’ont pas réussi à museler la course pour leur sprinteur Mark Cavendish, en grande confiance après ses trois victoires sur le Tour de France, dont deux lors de la dernière semaine, à Brive et sur les Champs-Elysées.

Gilbert a tenté sa chance

Mais après une première échappée fleuve menée par des rouleurs de la trempe de Stuart O’Grady, Jurgen Roelandts, Lieuwe Westra, Denis Menchov ou encore Janez Brajkovic, les affaires britanniques se sont corsées lorsque Vincenzo Nibali, troisième de la Grande Boucle, et Philippe Gilbert sont partis en contre. Le Belge a même fait un numéro en solo lors du dernier tour de circuit avant de se faire reprendre par un groupe d’une trentaine de coureurs, qui allait réussir à conserver une petite minute d’avance sur le gros du peloton jusqu’à la ligne d’arrivée.

Dans ce groupe composé de coureurs expérimentés comme Sylvain Chavanel, Fabian Cancellara, victime d’une chute dans le final, Luis Leon Sanchez, Alejandro Valverde, c’est finalement le plus malin d’entre eux, Alexandre Vinokourov, qui allait faire la différence. Après plusieurs échecs sur le dernier Tour de France, le coureur d’Astana réussit cette fois à faire le trou en compagnie du jeune Colombien Rigoberto Uran. Trop inexpérimenté, ce dernier se laissait berner très facilement lors du sprint par le Kazakh, qui pensait ne plus jamais pouvoir courir après sa terrible chute survenue lors de la Grande Boucle 2011. Dans le groupe des battus, le Norvégien Alexander Kristoff décroche au sprint la médaille de bronze.

Avant de se retirer définitivement des pelotons, Vinokourov ajoute ainsi, à la surprise générale, une nouvelle ligne à un palmarès particulièrement fourni, mais aussi entaché par le spectre du dopage. Rappelons que le coureur qui avait débuté sa carrière en France à la fin des années 90 au sein de l’équipe Casino avait été cité en 2006 dans l’affaire Puerto, avant d’être exclu du Tour de France 2007 pour avoir pratiqué une autotransfusion sanguine.

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