Rodriguez, pas né de la dernière pluie

Joaquim Rodriguez remporte la classique des feuilles mortes.

Joaquim Rodriguez remporte la classique des feuilles mortes.

C'est sous un déluge que Joaquim Rodriguez (Katusha) a remporté pour la première fois de sa carrière le Tour de Lombardie, samedi, devant Samuel Sanchez (Euskaltel) et Rigoberto Uran (Sky). Une juste récompense pour le petit coureur espagnol, abonné aux places d'honneur depuis le début de saison.

Alors que la saison 2012 touche à sa fin, Joaquim Rodriguez a été sans contexte l’un des coureurs les plus en vue de l’année. Passé tout proche de la victoire sur le Giro, qu’il a terminé en 2e position en remportant deux étapes, puis sur la Vuelta, conclue en 3e position avec trois étapes en poche, le Catalan a également été très présent sur les classiques. Vainqueur de la Flèche Wallonne au printemps, le coureur de la Katusha a de nouveau été à l’honneur en ce début d’automne en remportant avec panache le Tour de Lombardie ce samedi. Arrivé seul sous la pluie après 251 km de course entre Bergame et Lecco, Purito a devancé de neuf secondes Samuel Sanchez, qui finit pour la quatrième fois de sa carrière sur le podium de cette course, et Rigoberto Uran, vainqueur jeudi du Tour du Piémont.           

Après s’être déjà distingué en avril dernier sur l’Amstel Gold Race, où il avait résisté en solitaire au retour des favoris jusqu’à 9 kilomètres de l’arrivée, Romain Bardet était de nouveau à l’attaque lors de cette classique des feuilles mortes. Parti lors de la première heure de course en compagnie d’une dizaine d’autres coureurs, le jeune grimpeur d’AG2R-La Mondiale, pas encore 22 ans, a de nouveau réalisé un grand numéro. Resté longtemps seul en tête, l’Auvergnant s’est payé le luxe de passer seul en tête au sommet du Mur de Sormano, à un peu plus de 80 kilomètres de l’arrivée, devant les grands favoris dont l’épreuve, dont Joaquim Rodriguez. Un moment historique pour ce grand espoir tricolore, car cette terrible montée de 2 kilomètres - à plus de 15% avec des passages à 25% ! – n’avait plus été gravie par les coureurs du Tour de Lombardie depuis 50 ans ! Un retour sur le parcours dû au fait que l’ancien chemin de mulets a enfin été goudronné.

Le champion du monde à terre

Philippe Gilbert n’en gardera pas en tout cas un excellent souvenir. Légèrement distancé dans la montée, le tout nouveau champion du monde, qui rêvait de signer sa première victoire avec le maillot arc-en-ciel dès ce samedi à Lecco, a fait la descente pour refaire son retard. Mais il a été victime d’une chute, au même titre que plusieurs autres coureurs, tels que son coéquipier Alessandro Ballan ou encore Luca Paolini de la Katusha. S’il n’a pas été trop durement touché, le Wallon a préféré ne prendre aucun risque et a abandonné.

L’humidité sur les routes lombardes a également joué des tours à Vincenzo Nibali. Bien décidé à l’emporter à domicile, le Sicilien, qui a cumulé beaucoup de places d’honneur cette saison (2e de Liège-Bastogne-Liège, 3e de Milan-San Remo et du Tour de France), a en effet lui aussi été victime d’une chute. S’il a pu reprendre sa place au sein du groupe de tête, le leader de la Liquigas n’a pas eu les jambes pour jouer la victoire. Parti en solitaire à moins de 30 km de l’arrivée, le Portugais Rui Alberto Faria Da Costa a quant à lui été repris au pied de la dernière difficulté du jour, la côte de Villa Vergano.

Passé seul en tête au sommet avec une dizaine de secondes d’avance, alors qu’un très violent orage venait d’éclater sur la ligne d’arrivée, Joaquim Rodriguez a su éviter la chute malgré une pluie battante et conserver assez d’avance sur le groupe de poursuivants mené notamment par Alberto Contador, 9e à l’arrivée derrière le tenant du titre Oliver Zaugg, pour devenir le premier espagnol à remporter le Tour de Lombardie. Purito décroche ainsi avec panache sa deuxième victoire de la saison sur une grande classique après son succès sur la Flèche Wallonne et profite de l’occasion pour reprendre la tête du classement UCI au détriment de Bradley Wiggins.