Le leader, c'est Voeckler

Thomas Voeckler aura le soutien de toute l'équipe de France aux Mondiaux. (Reuters)

Pour la course en ligne des Mondiaux de Valkenburg, Laurent Jalabert, le sélectionneur de l'équipe de France, a désigné un seul leader, Thomas Voeckler. Le coureur de la formation Europcar aura pour mission de ramener une médaille mondiale qui fuit le clan tricolore depuis sept ans.

Privée de succès sur les Championnats du monde depuis quinze ans et la victoire de Laurent Brochard à San Sebastian, l’équipe de France se verrait bien créer la surprise dimanche à Valkenburg, au Pays-Bas, où le parcours de 261 km ressemblera à celui de l’Amstel Gold Race et sera donc taillé pour les puncheurs. Pour tenter de reconquérir le maillot arc-en-ciel, Laurent Jalabert a défini une consigne nette et précise. Contrairement aux autres années, où chaque coureur avait sa carte à jouer, le sélectionneur a décidé cette fois de désigner clairement un leader pour mettre fin à la spirale d’échec. Et "Jaja", qui avait manqué de peu le titre mondial en 1992 en prenant la deuxième place derrière Gianni Bugno, a décidé de faire confiance à Thomas Voeckler.

"Sur ce mondial, le Cauberg fera son œuvre. On est motivé, on a un leader, on a fait ce qu'il fallait pour le mettre dans les meilleures dispositions. On est déterminé, on partira dans l'optique d'essayer de gagner. Ce sera une mission délicate, difficile, ardue, et moi j'ai envie de le vivre, avec Voeckler ou un autre, mais celui qui a le plus de légitimité pour négocier au mieux le final c'est Voeckler. Je le dis au haut et fort qu'il est indiscutable. On veut une course dure et si elle ne l'est pas comme on le souhaite, on va la durcir", a ainsi confié le manager de l’équipe de France, jeudi soir lors d’une conférence de presse reprise sur le site de la FFC. Chavanel, Coppel, Delage, Bouet, Gallopin, Jérôme et Roy savent donc à quoi s’attendre.  

Jalabert joue-t-il sa place ?      

Si personne ne peut vraiment contester la légitimité du maillot à pois du dernier Tour de France, tant ce dernier a prouvé par le passé son sens tactique aigu de la course, Jalabert, fragilisé par l’échec des dernières années et surtout des JO où l’équipe de France sur route est restée plus que discrète, sait qu’il prend aussi un risque en mettant tous ses œufs dans le même panier. "Dans la situation où je suis, il n’y a qu’une chose qui me donnera raison, c’est que Voeckler soit sur le podium. Dans tous les autres cas, je me ferai descendre et c’est pour ça que j’ai voulu un groupe en accord avec ma philosophie, avec un seul leader pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, a confié ainsi, dans une interview accordée à L’Equipe, le natif de Mazamet, qui n’interdit toutefois pas aux autres coureurs de tenter leur chance, selon les circonstances de course. Maintenant, on ne va pas être huit autour de Thomas pour lui apporter des bidons, à chacun d’être opportuniste, de se créer une occasion. Et si Chavanel est champion du monde, Thomas, lui-même, ne lui en voudra pas".

Qu’en pense le principal intéressé ? A 33 ans, Voeckler a l’expérience pour gérer la pression: "Ce Mondial de Valkenburg ne représente pas la chance de ma vie, car je ne suis pas en fin de carrière, cette fin de saison ne sonnera pas l'heure de ma retraite. Maintenant ce qui change c'est que je suis désigné comme le leader de l'équipe de France. J'ai un capital confiance de résultats en venant ici, mais rien ne dit que cela marchera. J'ai plein d'idées dans la tête sur les possibilités de faire la différence, pleins de scénarios différents, mais attention aussi c'est un championnat du monde avec de grosses nations au départ", a expliqué le coureur d’Europcar jeudi en conférence de presse.  

Quant à d’éventuelles tensions avec l’autre chef de file des Bleus, à savoir Sylvain Chavanel, l’Alsacien d’origine évacue toute polémique: "J'ai lu dans la presse que l'on ne s'entendait pas avec Sylvain Chavanel, c'est faux. On se respecte beaucoup. Il n'y aura aucun problème entre nous, j'en suis certain. Cette année, je suis leader désigné de l'équipe mais tout peut arriver, divers scénarios comme je l'ai dit sont envisageables. Maintenant ce statut de leader de l'équipe de France c'est quelque chose d'un peu lourd à porter." Un statut qu’il a toutefois l’habitude d’endosser depuis plusieurs années au sein de la formation de Jean-René Bernaudeau et qui ne l’empêche pas de briller là où on l’attend.