Cavendish, le transfert de l'année

Mark Cavendish quitte le Team Sky un an seulement après son arrivée. (Reuters)

Mark Cavendish quitte le Team Sky un an seulement après son arrivée. (Reuters)

C'était sans doute le coureur le plus convoité de l'intersaison. Mark Cavendish, dont le départ du Team Sky était pratiquement acquis, va rejoindre Omega Pharma-Quick Step. Le Britannique rejoint ainsi Tom Boonen dans une formation belge qui devrait accumuler les victoires en 2013.

C’est désormais officiel, Mark Cavendish portera l’an prochain les couleurs de la formation Omega Pharma-Quick-Step, a annoncé jeudi l’équipe Sky sur son site officiel. Après avoir réalisé une saison exceptionnelle en 2011 au sein de la formation HTC-Highroad, avec notamment cinq victoires d’étapes et le maillot vert sur le Tour de France ainsi que le titre de champion du monde, le coureur originaire de l’île de Man avait rejoint l’an dernier la formation britannique.

Au sein de l’équipe portant les couleurs de son pays, le sprinteur de 27 ans comptait bien s’inscrire dans la durée. Mais, si sa saison fut plutôt réussie avec notamment un succès sur Kuurne-Bruxelles-Kuurne, trois victoires d’étapes sur le Giro et sur la Grande Boucle, tout ne s’est pas véritablement passé comme prévu. Habitué à avoir une équipe entièrement dévouée à sa réussite, le Cav a cette fois dû concilier avec les ambitions d’un collectif destiné à décrocher la victoire finale sur les grands tours, notamment le Tour de France avec Bradley Wiggins, dont il est d’ailleurs très proche.

"Mark espérait sans doute avoir le même traitement que Brad lorsqu'il est arrivé, mais Bradley a toujours été le boss. Sky l'a traité comme un grand coureur, mais pas comme le patron. L'objectif de Sky a toujours été de gagner le Tour de France, c'était donc logique que Mark soit considéré différemment par rapport à Bradley", confiait il y a une dizaine de jours au quotidien néerlandais NUSport son ex-coéquipier espagnol Juan Antonio Flecha, qui rejoindra quant à lui Vacansoleil en 2013.  

Pas de coureurs de Grands Tours chez OPQS

Contraint de travailler pour son leader sur le Tour, même si ce dernier lui a parfois rendu la pareille, Cavendish s’est souvent retrouvé isolé lors des arrivées, où il n’a pas pu défendre ses chances comme il l’espérait, comme le reconnaît d’ailleurs sans peine le Team Sky. Une grande frustration pour cet affamé de victoires, qui doit faire face à une concurrence de plus en plus sévère: Peter Sagan, André Greipel, Tyler Farrar, Matthew Goss…  Pour le directeur sportif Steven De Jongh, le divorce est douloureux, mais semblait inévitable. "Je pense que les deux parties ne sont pas satisfaites. Cela ne s'est pas passé comme nous l'avions espéré. Ce n'était pas un mariage heureux", a-t-il ainsi expliqué il y a quelques jours.

Sky ayant préféré jouer le classement général sur les grands tours avec Wiggins et Christopher Froome, Cavendish devait trouver une équipe susceptible de l’accueillir selon ses exigences et pouvant supporter le coût de son salaire. En ce sens, Omega Pharma-Quick-Step paraissait la plus susceptible de répondre à ses attentes. Avec le départ de l’Américain Levi Leipheimer, licencié suite à l’annonce de sa suspension pour six mois prononcée par l’Agence américaine antidopage (USADA) dans le cadre du dossier Armstrong, la formation de Patrick Lefevere, dotée de gros moyens financiers, ne dispose pas de coureurs capables de jouer le général sur un grand tour.

Les deux leaders de l’équipe, Tom Boonen, et dans une moindre mesure Sylvain Chavanel, sont quant à eux plus en mesure de briller sur les classiques ou sur des parcours plus piégeux que ceux susceptibles de convenir à la nouvelle recrue britannique. Si un combat des égos n’est pas à exclure avec le Belge, connu lui aussi pour son fort caractère, Mark Cavendish pourrait ainsi bénéficier d’une équipe acquise à sa cause pour les victoires d’étapes sur les grands tours. De leur côté, Boonen et Chavanel disposeraient eux aussi de gros rouleurs pour tenter de briller sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Un mariage de raison qui pourrait ainsi profiter à toutes les parties.