Armstrong, seul au monde

Lance Armstrong a été lâché par Nike.

Lance Armstrong a été lâché par Nike.

Bientôt destitué de ses sept titres acquis au Tour de France, Lance Armstrong a annoncé mercredi qu'il abandonnait la présidence de l'association de lutte contre le cancer Livestrong qu'il avait fondée après avoir vaincu la maladie. Son équipementier Nike l'a également lâché.

Quelle profondeur atteindra la descente aux enfers de Lance Armstrong ? Icône du sport et du cyclisme, symbole de la lutte contre le cancer aux Etats-Unis et dans le monde entier, le Texan n’est aujourd’hui quasiment plus rien de tout cela. En dévoilant dans un rapport très détaillé de plus de 1000 pages les preuves de son recours au dopage durant sa carrière, l’agence américaine antidopage (USADA) a mis fin à la supercherie et au mythe entourant le Texan. Ancien boss du peloton, inspirant la crainte et le respect, l’Américain est dépeint aujourd’hui par ses anciens lieutenants et adversaires comme un tyran sans scrupule, principal instigateur de l’une, voire de la plus grande honte du sport moderne.  

Une image pour le moins écornée qui ne pouvait laisser insensible le plus grand équipementier sportif de la planète. Nike a en effet annoncé mercredi la fin de sa collaboration avec le septuple vainqueur de la Grande Boucle. "C'est avec une grande tristesse que nous avons mis fin à notre contrat avec lui", peut-on ainsi lire dans un communiqué. Se déclarant "trompé durant plus d’une décennie" par L.A., qui doit faire face "à des preuves apparemment insurmontables", le géant américain indique ne pas pouvoir "fermer les yeux en aucune manière sur l'utilisation de substances illégales destinées à améliorer les performances sportives". Une intention louable, mais peut-être un peu tardive pourrait-on rétorquer à la célèbre marque à la virgule.

Contraint de quitter Livestrong

Si le préjudice financier est sûrement loin d’être négligeable pour l’ancien coureur, le coup le plus rude se situe à un autre niveau et concerne sa fondation contre le cancer, Livestrong. Car, si Nike a indiqué vouloir continuer à soutenir l’action de cette dernière, cette rupture de contrat entraîne de facto le départ de son fondateur et principal représentant. "Afin d'éviter à la fondation les retombées négatives liées à la controverse entourant ma carrière cycliste, je mets fin à ma présidence", a ainsi indiqué Armstrong dans un communiqué.

Sûrement un déchirement pour ce dernier, qui avait fait de ce combat, celui de sa vie. Rescapé d’un cancer des testicules, diagnostiqué en 1997, le Texan avait lancé dès l’annonce de sa maladie une fondation, devenue Livestrong en 2003, qu’il n’a cessé de mettre en avant, y compris au pic de sa gloire. Depuis sa retraite et malgré ses déboires avec la justice sportive, cette dernière lui conférait encore une formidable aura auprès du public, qui pourrait s’envoler aujourd’hui en fumée, au même titre que son record de victoires sur le Tour de France.