Tour de France
Réduire le texte Augmenter le texte Wiki Imprimer l'article Envoyer l'article à un ami

Si faible UCI...

Dans la polémique des oreillettes, l'Union cycliste internationale (UCI) a pris position et choisi de céder aux exigences des managers, Johan Bruyneel, le directeur sportif d'Astana en tête, en levant l'interdiction des liaisons radios sur l'étape très attendue des Vosges vendredi. Et dans le même temps, le ministère des Sports reprenait de volée McQuaid sur la fiabilité de ses tests antidopage...

Présente jeudi sur le Tour (ici au côté du maillot jaune Rinaldo Nocentini), Roselyne Bachelot a envoyé un message clair à l'UCI... (Reuters) Présente jeudi sur le Tour (ici au côté du maillot jaune Rinaldo Nocentini), Roselyne Bachelot a envoyé un message clair à l'UCI... (Reuters)
Pat McQuaid vise un second mandat à la tête de l'Union cycliste internationale, dont il est le président depuis 2005. Une ambition courue d'avance puisque l'Irlandais sera le seul prétendant lors du congrès, qui se tiendra en marge du Mondial de Mendrisio en septembre prochain. Le voilà assuré d'en reprendre pour quatre ans. Tout va donc pour le mieux dans le petit monde des instances internationales... Et pourtant, les motifs d'insatisfaction existent bel et bien. La journée de jeudi sur le Tour de France a apporté son nouveau lot de griefs à l'égard d'une UCI, dont les aveux de faiblesse contribuent à entretenir le flou autour de l'épreuve...

Au départ de cette douzième étape, on guettait sa décision, forcément très attendue dans le débat enflammé autour de l'utilisation de l'oreillette dans le peloton, responsable de la véritable mascarade lors de l'étape du 14 juillet, au cours de laquelle la plupart des directeurs sportifs et managers ont littéralement pris la course et le public en otages. Mais il n'y eut pas de "coup"... à Tonnerre, mais bien plutôt ce qu'il convient d'appeler une énième retraite de l'UCI face sans doute à la menace d'une nouvelle course tronquée, mais surtout face au diktat imposé par quelques uns. "Pour mettre fin aux controverses qui compromettent le déroulement sportif du Tour de France, le Comité Directeur de l'Union Cycliste Internationale (UCI) a décidé de ne pas répéter le vendredi 17 juillet 2009 l'expérience d'une étape sans oreillettes", annonce le communiqué officiel. La deuxième journée test, lors d'une étape considérée par beaucoup pour son profil comme l'un des possibles tournants de cette édition, n'aura pas lieu. "Cette proposition avait été discutée et soutenue le 3 juin dernier par les représentants des coureurs (CPA), des équipes (AIGCP) et des organisateurs (AIOCC) réunis à Genève, qui avaient décidé de la soumettre au Comité Directeur de l'UCI. (...) L'UCI poursuit la discussion sur l'opportunité de l'utilisation en course des oreillettes et continuera à consulter les acteurs du cyclisme quant aux modalités de leur utilisation."

Le rappel à l'ordre de Bachelot

En attendant, la logique commerciale, celle des audiences TV, a prévalu et renvoyé à plus tard l'idée d'une course enfin libérée pour de bon de ces appendices encombrants. La fronde anti-oreillettes a eu gain de cause et Johan Bruyneel, manager tout puissant d'Astana, à l'origine de la pétition signée par quatorze (sur 20) des équipes participantes pour la levée de l'interdiction, a prouvé une fois de plus son influence auprès de l'instance internationale... Ce dernier aura eu beau jeu de brandir l'argument fallacieux de la sécurité, là où ne l'intéressait en vérité que la perspective d'une course mieux contrôlée vendredi sur le difficile parcours des massifs vosgiens. Ses réseaux à Aigle, en Suisse, siège de l'UCI, auront bien fonctionné...

Une UCI reprise de volée également sur un terrain plus sensible encore, celui de la lutte antidopage. Si Roselyne Bachelot, la Ministre des Sports, en visite ce jeudi sur la Grande Boucle, s'est félicitée qu'à ce jour aucun contrôle positif n'ait été à déplorer, celle-ci a en revanche adressé une mise en garde claire à l'intention de McQuaid et de ses services en regrettant l'épisode d'un contrôle inopiné effectué en début de Tour auprès de l'équipe... Astana, au cours duquel les inspecteurs de l'UCI auraient fait preuve d'une légèreté coupable en ne suivant pas les coureurs à la culotte lors de la procédure, comme le règlement le leur impose. Une complaisance à l'égard de l'équipe de Lance Armstrong que n'avait pas manqué de dénoncer Pierre Bordry, le président de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), chargée du ciblage des coureurs, mais qui agit de concert avec l'UCI sur cette édition.

"L'UCI s'est vue cette année investie de la responsabilité de la lutte contre le dopage, a ainsi déclaré la ministre sur les ondes de RTL. Je veux donc rappeler à chacun ses responsabilités, et qu'en particulier le regrettable incident qui s'est produit samedi dernier où il y a eu un certain retard à l'allumage de la part de l'UCI lors du contrôle de l'équipe Astana ne doit plus se reproduire pour qu'il n'y ait aucun risque de contestation. Les coureurs, dont on comprend bien qu'ils puissent ne pas être tous vérifiés en même temps bien entendu, doivent rester à portée de vue du contrôleur pour qu'aucune ombre ne puisse avoir lieu à propos de ces contrôles." Une pierre de plus dans le jardin d'apparence si propret de McQuaid et de l'UCI...

Le reste de l'actualité

Plus d'articles