Yoka: "Je pars pour l'or"

Tony Yoka, un mental de champion. (Maxppp)

Tony Yoka, un mental de champion. (Maxppp)

Champion de France des super-lourds (+ 91 kg), Tony Yoka disputera, à vingt piges, ses premières Olympiades à Londres le 1er août prochain. Le pensionnaire des Mureaux, qui a eu un avant-goût de l'esprit olympique lors des Jeux de la Jeunesse à Singapour en 2010, ne se fixe aucune limite pour repartir de la capitale britannique avec une médaille d'or.

A quelques jours du début des Jeux, dans quel état d'esprit vous trouvez-vous ?
J'ai fini la préparation, donc on ne peut plus rien changer au niveau de l'entraînement. Il faut maintenant que je me repose bien, que je fasse du jus. C'est important parce que c'est dans ces moments-là que je trouve ma motivation. Psychologiquement, je suis épuisé après tous ces stages, surtout celui en Corrèze, donc je recharge les batteries pour être d'aplomb à Londres.

Vous avez eu un avant-goût des Olympiades avec les Jeux de la Jeunesse en 2010. Mais qu'est-ce que représente pour vous cet événement ?
Un rêve de gosse. Quand j'avais six-sept ans, mon père (NDLR: ancien boxeur) me disait que je serai aux JO en 2012. Quelque part, je vais réaliser sa prédiction. Quant à l'événement en lui-même, je vais profiter de la fête tout en restant concentré sur mon objectif. Je ne vais pas à Londres en touriste.

Lorsque vous avez commencé la boxe, lorsque votre père vous prédisait un avenir olympique, vous attendiez-vous à être sélectionné si rapidement pour les JO ?
Non, je ne le croyais pas. J'ai baigné dans la boxe depuis la naissance grâce à mon père mais je ne pensais jamais percer aussi rapidement. Je pensais, avant tout, qu'il me trouvait toutes ces qualités parce qu'il était mon père. Rien de plus.

"Il faut arrêter avec ces histoires de clan"

Pensez-vous avoir de réelles chances de gagner une médaille ?
Je ne pars pas pour une médaille, je pars pour l'or. Je suis un gagnant. Je sais que ça va être difficile mais je ne me fixe aucune limite. J'y vais dans l'esprit de gagner chaque combat que je vais disputer, c'est tout. J'ai de vraies chances de remporter ce tournoi, j'y crois.

Comment s'est passée la préparation durant ces dernières semaines ? Quels axes dans votre boxe avez-vous particulièrement travaillés ?
Mes atouts. J'ai laissé volontairement de côté mes défauts pour accentuer le travail sur la vitesse et les déplacements. J'ai maintenant hâte de voir les résultats de toutes ces séances d'entraînement. Je pense m'être bien entraîné, j'ai fait le maximum et je n'ai rien à regretter sur la préparation.

On vous sent impatient d'en découdre ?
J'ai envie d'être sur le ring. Je suis prêt. Il faut que ça commence maintenant.

On a tout entendu au sujet de l'ambiance de l'équipe de France de boxe avec notamment la formation de clans. Qu'en est-il réellement ?
Ça me saoule vraiment toutes ces histoires parce que dès qu'on parle de l'équipe de France de boxe, on remet ce sujet sur le tapis. Il faut arrêter deux minutes. Ce n'est pas parce qu'il y a eu un petit problème entre deux personnes (NDLR: Jérémy Beccu et Alexis Vastine) qu'il faut en parler pendant un an. Il n'y a pas eu de bagarre, ce sont juste deux personnes qui ne se sont pas entendues sur un sujet. On parle plus de ça que des résultats ou de la préparation.

Vous la ressentez personnellement cette mauvaise ambiance ?
Pas du tout, parce qu'au contraire nos entraîneurs ont mis en avant l'esprit de groupe, la cohésion. Le groupe s'est vraiment ressoudé autour de cette histoire.

"Je dois ma boxe à mon père"

Vous avez une boxe très technique avec ce surnom "l'artiste" qui vous colle à la peau. D'où vous viennent ces prédispositions ?
Ça vient de mon père, tout simplement. C'est lui qui m'a enseigné tout ce que j'ai appris. C'est un grand fan de Mohamed Ali qu'il a vu boxer à Kinshasa, puisqu'il est originaire de cette ville. Grâce à lui, je connais toute la vie, tout le parcours de cette légende de la boxe. Il a voulu m'apprendre cette boxe technique et réfléchie qui caractérisait Ali.

Ali, Riner, puisqu'on te compare également au judoka français de par sa précocité, les références ne manquent pas. Cette dernière image vous plait-elle ou au contraire voulez-vous vous en débarrasser ?
Je trouve cette comparaison plutôt flatteuse. Je connais bien Teddy, c'est un bon ami et cette histoire nous fait bien rigoler. Après, on n'a pas la même histoire et surtout pas le même palmarès.

Les Jeux Olympiques sont également l'occasion d'un grand rassemblement entre sportifs. Avez-vous des liens avec certains d'entre eux et avez-vous prévu d'assister à d'autres compétitions ?
Je vais vraiment profiter de l'événement tout en restant concentré sur ma compétition. Je peux faire les deux sans m'éparpiller. Allez aux Jeux sans en profiter, ça ne sert à rien. Assister à des compétitions, cela va être un peu compliqué mais je vais profiter du village olympique, m'imprégner de l'état d'esprit du groupe France pour se motiver les uns les autres. C'est très motivant de voir les athlètes de notre délégation décrocher les médailles des premiers jours. On est tous unis sous les mêmes couleurs, cela nous donne une force supplémentaire.

Avez-vous réfléchi à votre après-Jeux ? Votre futur est-il conditionné par vos résultats durant ce tournoi ?
Je ne pense qu'aux Jeux. Je n'ai pas réfléchi à ce que je vais faire après, je fonctionne étape par étape, et là tout de suite, il n'y a que l'or qui m'intéresse.

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