Mormeck, et maintenant ?

Jean-Marc Mormeck se relèvera-t-il de ce combat ? (Reuters)

Jean-Marc Mormeck se relèvera-t-il de ce combat ? (Reuters)

Le temps des questions est venu pour Jean-Marc Mormeck. Le Français de 39 ans a vu son rêve de devenir champion du monde des poids lourds brisé avec pertes et fracas par Wladimir Klitschko, samedi soir, à Düsseldorf en Allemagne. Quelle suite le Guadeloupéen va-t-il décider de donner à sa carrière ? Éléments de réponse.

Et maintenant, que va-t-il faire ? La question mérite d'être posée à Jean-Marc Mormeck, envoyé au tapis par Wladimir Klitschko, samedi soir, à Düsseldorf (Allemagne), lors du championnat du monde des poids lourds. "Je n'ai plus 20 ans et il y a une réalité. Il faut le dire, c'est la vérité", reconnaissait sans difficulté Mormeck, il y a presque deux semaines, quand on avait fait allusion, devant lui, à une probable désillusion comme celle de ce week-end. Dans la foulée de la troisième défaite avant la limite de sa carrière (après O'Neil Bell en 2006 puis David Haye en 2007), le Français ne s'est pas prononcé sur son avenir, préférant pester contre l'arbitre du combat, Luis Pabon, sur Orange Sport: "Il doit me laisser le temps de me relever. Il ne m'a pas laissé faire."

À 39 ans, Mormeck a sûrement laissé passer sa seule et unique chance d'être sacré mondialement dans la catégorie reine. "C'est le rêve d'une carrière sportive et d'une vie aussi. Vous savez, les amateurs, leur rêve, c'est de devenir champion olympique. Nous, en boxe professionnelle, on rêve de devenir champion du monde des poids lourds. C'est quelque chose", nous révélait le Guadeloupéen. C'est quelque chose qu'il n'a donc pas réussi à faire, loin de là. C'est un rêve brisé. "JMM" savait que le duel serait déséquilibré sur le ring de l'ESPRIT arena: par rapport à la différence de taille (17 cm), d'allonge (18 cm), de poids (13 kg) et d'expérience chez les lourds (59 combats à 3). "Moi, je restais juste un adversaire comme cela", avait-il conscience.

Un investissement dans la vie fédérale ?

Maintenant, il va lui falloir du temps pour digérer, pour récupérer. Physiquement et, surtout, mentalement. À en croire les statistiques officielles, il a été touché par 39 des 135 coups déclenchés par Klitschko, mais, en conférence de presse d'après-match, il n'est pas apparu marqué plus que cela. C'est psychologiquement que c'est plus dur pour lui. Les médias étrangers ne l'ont pas épargné à la suite de ces quatre petits rounds, durant lesquels il a semblé impuissant face à la puissance de l'Ukrainien: "Wladimir Klitschko a joué avec Jean-Marc Mormeck comme un enfant arrache les ailes d'une mouche" (ESPN Boxing) ou encore "Mormeck était seulement une victime, pas un adversaire" (Bild). À coup sûr, ce sévère revers lui a fait plus mal au cœur qu'au corps.

Repartira-t-il au combat ? On a le droit d'en douter, surtout à un niveau international. Mais Mormeck, homme de défi par excellence, ne fait pas tout à fait les choses comme les autres boxeurs. En 2009, il avait surpris son monde en montant chez les lourds, lui l'ancien champion de France des mi-lourds puis champion du monde des lourds-légers. Récemment, il avait sorti de derrière les fagots un entraîneur inconnu au bataillon, Tsanko Dobrekov, pour l'emmener jusqu'à ce championnat du monde. Que nous réserve-t-il cette fois ? Un ultime combat, sorte de jubilé, chez lui, à Pointe-à-Pitre ? Un investissement dans la vie fédérale ? "Cela ne reste encore qu'un projet, nous a avoué Humbert Furgoni, président de la Fédération française de boxe (FFBoxe). Je pense qu'il serait malencontreux et pas raisonnable d'annoncer des choses qui, peut-être, ne se feront pas." À Mormeck de choisir. En attendant, c'est l'heure des vacances.

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