Batista: "Les capacités d'aller loin"

JP Batista évolue au Mans depuis 2008.

JP Batista évolue au Mans depuis 2008.

A 31 ans, Joao Paulo Batista attaque sa cinquième saison au Mans avec l'envie de décrocher (enfin) un titre de champion de France. Le MSB, co-leader de Pro A, semble avoir les armes pour accomplir "le but ultime" de son pivot brésilien.

JP, comment analysez-vous le début de saison du MSB, depuis l’élimination face à Cantu au dernier tour des qualifications de l’Euroligue jusqu’à cette première place que vous occupez désormais en Pro A après quatre journées ?
Déjà, je ne dirais pas que c’est mieux pour nous de ne pas participer à l’Euroligue, mais je pense quand même qu’il est plus réaliste pour un club français de jouer en Eurocoupe, par rapport aux moyens financiers notamment. Après, malgré cette élimination face à Cantu, je pense qu’on a joué un bon basket, des deux côtés du terrain, depuis le début de saison. Et ce tournoi de qualification à l’Euroligue nous a beaucoup aidés. Les équipes présentes là-bas étaient d’un très bon niveau, et on n’aurait pas pu faire de meilleure préparation. Maintenant, on a une bonne équipe qui continue à s’améliorer et qui peut encore faire mieux. Et je pense qu’on a les capacités d’aller très loin, et de faire une grosse saison. Et en championnat, sans cette défaite crève-cœur à Paris (88-87, ndlr), on serait à quatre victoires en quatre matches…

Même si vous avez eu très chaud à Limoges lors de la dernière journée (victoire 66-65, ndlr)
C’est ma cinquième saison en France et c’est la première fois que je gagne à Limoges. Je sais comme c’est dur de jouer là-bas, et je m’attendais à ça. Ils nous ont botté les fesses une grande partie du match. Mais on a beaucoup d’expérience dans l’équipe et on savait qu’en jouant intelligemment, panier après panier, et en défendant mieux, on ferait une bien meilleure deuxième mi-temps. Khalid (El-Amin) a été décisif à la fin, en mettant des lancers-francs très importants qui ont fait basculer le match. Avoir un joueur comme lui, avec son CV et son expérience, ça sert beaucoup. Il sait comment contrôler chaque moment du match, gérer la pression,… Et c’est grâce lui qu’on a gagné là-bas.

Une série que vous espérez poursuivre vendredi, face à une équipe roannaise qui n’a remporté qu’un seul match depuis le début de saison ?
Oui. Ils ont changé tout le monde, mais il y a beaucoup de talent dans cette équipe, le coach a un CV impressionnant… Et l’équipe est meilleure que son bilan actuel. Je m’attends donc à un combat de chiens. Ils auront faim, on va devoir répondre et être encore plus affamés qu’eux, plus forts dans tous les aspects, ça va être une bataille.

Vous parliez de l’expérience de Khalid El-Amin, et la vôtre est également conséquente. Quel est votre rôle au sein de l’équipe ?
Mon deuxième prénom, c’est "travail". Le travail, c’est tout pour moi. Dès le premier jour, JD (Jackson, ndlr) m’a donné la liberté d’être moi-même, en étant agressif et en faisant tout mon possible dès que je suis sur le parquet pour aider mon équipe à gagner.

Un entraîneur qui a débuté sa carrière sur le banc manceau lors de votre arrivée au club en 2008. Quel type de rapports avez-vous ?
On a un lien spécial avec le coach. Parfois, on n’a pas besoin de trop parler pour se comprendre. Il y a une vraie alchimie. Je sais ce que je dois faire et je suis très heureux que ça se passe comme ça. C’est un plaisir.

Vous êtes aujourd’hui le joueur le plus ancien au club, quelle sensation cela fait-il ?
Je suis honoré et fier. Car c’est un endroit spécial pour moi, où mes deux filles sont nées… J’ai toujours la même motivation et je ne peux pas dire à quel point j’apprécie d’être ici.

Vous avez pourtant eu l’opportunité de partir…
Oui, j’ai eu des possibilités. Mais parfois, ce n’est pas une question d’argent. Je voulais aussi être sûr que ma deuxième fille naisse dans un endroit où je me sente bien. Car toute notre vie est ici. J’ai de bonnes relations avec les gens du club, le président, le coach,… C’est l’endroit parfait pour moi.

Après autant d’années en France, vous devez donc être presque bilingue ?
Non, malheureusement… (rires) Et on me mène la vie dure à ce sujet ! Mais c’est tout en haut de ma liste. Parce que je sais que je dois encore m’améliorer, même si je réussis à parler aux gens. Sauf quand ils parlent trop vite. Là, c’est compliqué.

Vous avez déjà remporté la Coupe de France, la Semaine des As, et disputé une finale de Pro A la saison dernière. On imagine que l’objectif est maintenant de remporter le titre…
Oui définitivement. Chaque année, le but est de remporter le titre de champion. On l’attend depuis si longtemps… C’est notre but ultime. Après, c’est dur de dégager un favori cette saison. Les équipes sont plus fortes que l’année dernière et ça va être serré jusqu’au bout.

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