Lebrun: "Chercher notre force autre part"

Maël Lebrun, ici la saison dernière face à Nancy, aime les responsabilités. (Maxppp)

Maël Lebrun, ici la saison dernière face à Nancy, aime les responsabilités. (Maxppp)

Demi-finaliste malheureux la saison dernière, Orléans a débuté ce nouvel exercice de Pro A par une large défaite à Paris (93-75), avec un effectif considérablement renouvelé. Au club depuis six saisons, Maël Lebrun, qui a prolongé son contrat dans le Loiret, analyse cette équipe moins "ghetto" que sa devancière et revient sur l’affaire des tweets avant d’accueillir Cholet vendredi lors de la deuxième journée.

Maël, comment analysez-vous votre premier match de la saison, conclu par une défaite sur le parquet du Paris-Levallois (93-75) ?
Un premier match, ça ne veut pas dire grand-chose. On sait de quoi on est capables. Après, on a fait beaucoup d’erreurs et en défense, on a perdu beaucoup de ballons bêtement. Et en attaque, on n’est pas vraiment au point. On a eu des soucis en présaison avec la blessure de Dwaynes (Broyles), puis l’arrivée de Ryan (Ayers), on ne savait pas si Antoine (Eito) avait une fracture de fatigue,… Mais on a quand même fait une bonne présaison. Et puis Paris a une très bonne équipe, très offensive, qui a su exploiter les problèmes de notre défense et le fait qu’on n’a pas suffisamment communiqué pour creuser l’écart. Et à partir du moment où une équipe prend un tel écart aussi rapidement, ça met en confiance.
 
Philippe Hervé estime que l’équipe se trouve actuellement à 40% de son potentiel…
Oui, c’est vrai. Mais on a vraiment de bons éléments, il va falloir exploiter ça et j’espère que ça va aller. Après, les équipes qui n’ont pas beaucoup changé peuvent plus vite se trouver. Mais nos Américains se connaissaient déjà entre eux (Greene, Green, Young et Broyles ont été sacrés champions de Belgique avec Charleroi en 2011, ndlr), comme ceux qui sont restés. Ce qui peut être difficile, c’est qu’à Orléans on a un style spécifique, plus axé sur la défense. Et les joueurs qui viennent d’arriver ont souvent du mal à s’adapter au jeu demandé par Philippe Hervé, ce n’est pas forcément évident. Ça fait beaucoup de changements pour les nouveaux.
 
Des nouveaux qui ont peut-être un peu moins de personnalité ou de caractère que les cadres partis à l’intersaison comme Amara Sy, Georgi Joseph ou Yohann Sangaré. Comment se déroule la transition ?
La saison dernière, ce qui a fait notre force, comme pouvait le dire Yohann, Amara ou Georgi, c’est d’être une équipe "ghetto". On avait de forts caractères, on se connaissait bien,… On était tous dans le même "délire". Cette saison, c’est beaucoup, beaucoup plus calme, et l’équipe est aussi plus attentive. Ça n’a rien à voir, on ne peut pas comparer. Mais on va chercher notre force autre part.

"Cette affaire a pris des proportions…"

Une aventure qui s’est mal terminée, avec la défaite face à Chalon en demi-finales et la fameuse affaire des tweets, pour laquelle vous avez été suspendu, une suspension finalement levée pour la première journée*…
On a fait appel devant le CNOSF, et ça a été pris en compte deux jours avant le match face à Paris, ce qui a fait que Bryan (Pamba) et moi on a pu jouer. L’appel sera examiné vendredi matin mais on ne pourra pas y assister puisqu’on joue le soir. Sur les tweets, c’est sûr que ce n’est pas forcément un bon exemple pour le basket français. Mais on a simplement dit ce qu’on pensait, et ça n’a pas plu alors qu’il y a quand même eu de l’abus sur certaines choses. On a juste exprimé notre frustration à la fin du match. Dès qu’on est rentrés dans le bus, c’était parti, on a commencé à tweeter. Et certains supporters de Chalon venaient nous insulter, ce qui était déjà le cas avant le match. Ça a envenimé les choses, et on n’a pas su s’arrêter. Personnellement, je trouve ça difficile. Car même si j’ai utilisé des mots grossiers, à aucun moment je n’ai parlé des arbitres ni des joueurs adverses ou des supporters. Je crois que je suis le seul à ne pas l’avoir fait et je me retrouve quand même avec un match ferme… Je ne trouve pas forcément ça juste… Aujourd’hui, je n’ai plus de twitter, je n’ai plus rien ! Mais toute cette affaire a pris des proportions… Tout ce qu’on a écrit a été retweeté à de nombreuses reprises, et bizarrement après le compte de la LNB nous a suivi, comme de nombreux sites internet qui parlent de basket français… Alors qu’auparavant aucun d’entre eux n’avait cherché à nous suivre sur twitter…
 

A titre personnel, vous avez prolongé votre contrat cet été. Comment appréhendez-vous vos nouvelles responsabilités ?
La saison dernière, je n’avais pas de réelle responsabilité, le coach décidait de me faire jouer, ou pas. Une fois sur le terrain, il fallait que j’apporte ce que je pouvais. Ce n’était pas forcément du scoring, si je pouvais apporter en défense je le faisais, je ne me focalisais pas sur un secteur en particulier. Maintenant, après six ans à Orléans, je maîtrise le sujet. J’ai fait toute ma formation ici, je connais bien Philippe Hervé et la manière dont il fonctionne. Je me sens vraiment bien au sein de cette équipe et plus j’ai de responsabilités, plus je suis en confiance.
 
Votre entraîneur souhaitait notamment vous voir améliorer votre shoot, et que vous preniez plus de densité au niveau physique. Où en êtes-vous par rapport à ces différents axes de développement ?
 Pour le moment, je n’ai pas eu spécifiquement le temps de travailler là-dessus depuis la reprise. La présaison, c’est dur pour tout le monde, il y a beaucoup d’intensité et de courses. J’ai soufflé pendant les temps de repos pour ne pas me blesser, vu que ça m’est souvent arrivé sur les dernières saisons. Mais maintenant que le championnat est commencé, le rythme a changé et je vais avoir plus de temps pour m’occuper de tout ça. Le shoot n’est pas le principal objectif puisque je l’ai stabilisé la saison dernière. La priorité, c’est surtout de travailler mon dribble. Et il faut aussi que je prenne du volume physiquement.
 
Un mot pour conclure sur votre copieux calendrier de début de saison, à commencer par la réception de Cholet vendredi soir…
On a vraiment six premiers matchs difficiles face à des grosses équipes, et on va bien voir comment ça va se passer. Maintenant, on va jouer face à Cholet notre premier match à domicile, et on n’a pas le choix. Il faut se mettre en confiance, pour nous pour notre public. Et aller chercher la victoire pour repartir sur de bonnes bases.
 
 *Georgi Joseph, Bryan Pamba, Maël Lebrun, Yohann Sangaré et Marco Pellin avaient tous été sanctionnés par la Ligue en première instance pour avoir exprimé leur colère sur twitter après leur élimination face à Chalon en demi-finales.