Séraphin: "Je ne peux plus être moyen"

Kevin Séraphin a pris de l'envergure au sein de l'équipe de France. (JF Molliere/FFBB)

Kevin Séraphin a pris de l'envergure au sein de l'équipe de France. (JF Molliere/FFBB)

Sur la lancée d'une fin de saison réussie en NBA avec les Washington Wizards, Kevin Seraphin a rejoint l'équipe de France avec des prétentions et des ambitions. Le pivot guyanais, qui devait être retenu par Vincent Collet pour les Jeux Olympiques, estime avoir progressé et pris du galon au sein des Bleus.

Kevin, avez-vous conscience d’avoir changé de dimension au sein de cette équipe de France ?
Oui je m’en rends compte… Par rapport à ma fin de saison à Washington sans doute. L’an dernier, j’étais le petit nouveau, je découvrais l’équipe de France, on ne me donnait pas forcément de responsabilités. J’étais derrière Ali (Traoré, ndlr) et Joakim (Noah, ndlr). Aujourd’hui je suis un membre à part entière de l’équipe. A moi d’assumer ce nouveau statut. Je sais qu’on attend plus de choses de moi, je ne peux plus me permettre d’être moyen.

Votre place aux JO est-elle acquise selon vous ?
Non, pas encore. Nous ne sommes qu’au début de la préparation et il y a beaucoup de blessés. Après, il faut être honnête, je pense avoir marqué des points. Il n’y a pas de risque que je me relâche pour autant, j’ai encore des choses à montrer. Je ne suis plus le petit jeune de l’équipe, je compte jouer ! A plus forte raison si Joakim ne vient pas…

Est-ce une pression supplémentaire sur vos épaules ?
Non, je ne ressens pas de pression particulière. Au contraire. Je ne demande qu’à avoir plus de responsabilités. Le fait qu’il y ait autant d’absents, c’est aussi une chance pour moi. Ça me permet de jouer davantage et d’accumuler de la confiance. Honnêtement, je n’ai jamais douté. Je pense avoir progressé cette saison et je veux le démontrer en équipe de France. No stress.

Que représentent les Jeux à vos yeux ?
Les JO, c’est un rêve, mais c’est également un objectif pour nous. C’est le summum, là où on retrouve tous les pays, toutes les disciplines. Quand on est sportif de haut niveau, c’est le but ultime. Une expérience formidable que j’ai hâte de vivre. Maintenant, il faut y aller pour faire quelque chose, pas en tant que figurant.

Avec un premier match de gala contre les Etats-Unis…
C’est encore loin mais on y pense déjà. C’est un match qu’on a forcément dans un coin de la tête. Et je crois que c’est une bonne chose de les croiser si tôt. Ça veut dire aussi qu’on ne les reverra pas avant la finale… Ça va nous permettre de nous situer dans la compétition d’entrée, de jauger notre niveau.

"J’ai gagné en confiance"

Avez-vous senti une évolution dans le groupe depuis la médaille d’argent décrochée à l’Euro ?
Oui, je crois qu’on est un peu plus respectés en Europe et dans le monde depuis cette médaille. Chaque joueur, de son côté, a progressé et a mûri. On a tous changé de dimension. Avec les nouveaux joueurs intégrés à l’effectif, on a tout ce qu’il faut pour réussir nos Jeux.

Et d’un point de vue personnel ?
J’ai gagné en confiance. J’ai progressé dans mon jeu de la main gauche aussi. Mon passage en Euroligue (*) m’a fait progresser techniquement et dans ma vision du jeu. Ça m’a permis de poursuivre mon développement, intellectuellement plus que physiquement. Je me sens mieux en attaque. Ça va de pair avec l’évolution de mon statut. On ne me demande plus seulement de défendre en prenant des rebonds.

Quels sont les atouts selon vous de cette équipe de France ?
Je crois qu’il faut baser notre jeu sur la défense en équipe de France. Ça ne veut pas dire pour autant que nous manquons d’atouts offensifs. Au contraire ! Avec Nico (Batum, ndlr), Tony (Parker, ndlr)… il n’y a pas à s’inquiéter. Mais si nous voulons faire quelque chose, je pense que ce sera en s’appuyant sur notre défense. Avec les Etats-Unis, on aura une des équipes les plus athlétiques du tournoi, il faut tirer profit de ces atouts.

Aviez-vous suivi le périple olympique des Bleus en 2000 ?
Non, pas trop. J’étais encore dans le foot à l’époque… Je suivais bien sûr les JO avec ma famille, en Guyane, mais je regardais ça de loin. J’ai vraiment commencé à m’intéresser aux Jeux lors de la dernière édition, à Pékin. Là, j’étais à fond, sur toutes les disciplines !

"Gagner ma place de titulaire en NBA"

Randy Wittman a prolongé de deux ans à Washington. Une bonne nouvelle pour vous…
J’ai vu ça et j’en suis évidemment très content. On avait eu une discussion avant la fin de saison et il m’avait dit qu’il était satisfait de mes prestations. Il m’a encouragé à continuer à travailler, à ne pas me relâcher. Il avait surtout peur que je prenne du poids mais il sait que je suis en équipe de France alors ça le rassure. Il m’a aussi prévenu que ce serait plus dur l’an prochain parce que je serais davantage attendu par les équipes adverses. C’est la NBA… Chaque année, il faut savoir se remettre en question et progresser.

Quels sont vos objectifs personnels pour cette prochaine saison ?
Je veux enchainer sur ma bonne fin de saison dernière. Gagner ma place de titulaire. Je sais déjà que je serai directement dans la rotation. A moi d’arriver prêt et en forme, en continuant à m’entraîner après les Jeux. J’ai la confiance du coach, je sais qu’il me fera jouer, je ne m’inquiète pas…

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Le premier exemple pour moi, ça a été Olajuwon. Aujourd’hui, il y a Horford et… au sein même de mon équipe, il y a Nenê. Dès qu’il est arrivé dans l’équipe, il m’a dit qu’il allait me prendre sous son aile. Il aime montrer son expérience et moi je ne demande qu’à apprendre, alors ça a collé. On vient tous les deux d’Amérique du Sud, ça crée des liens ! A l’entraînement, il me pousse ; il m’engueule tout le temps, parfois pour un rien, quand je joue avec des chaussures basses par exemple… Il est très protecteur. Un peu comme Ronny (Turiaf, ndlr) quand il est passé à Washington.

(*) En attendant la fin du lock-out qui a tronqué la saison NBA 2011-2012, l’intérieur des Wizards a évolué en Espagne, dans les rangs du Saski Baskonia (ancien TAU Vitoria).

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