Loeb, heureux perdant

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Loeb en est tout près. (EPA)

Jari-Matti Latvala a remporté dimanche au volant de sa Ford le RAC devant Sébastien Loeb, plus proche que jamais d'un neuvième titre consécutif de champion du monde. Le Finlandais s'était déjà imposé l'année dernière en Grande-Bretagne où il a mis fin ce week-end à la belle série du Français, vainqueur des cinq précédents rallyes depuis le mois d'avril. Le Norvégien Petter Solberg a pris la troisième place.

Après ce RAC 2012, il y a deux lectures possibles: soit tout sourit à Sébastien Loeb, soit le Français a plus de talent que les autres. Certes, Jari-Matti Latvala s’est imposé en un peu plus de trois heures de course (exactement 3h03’40’’3), et a ainsi mis fin à une série de cinq succès d’affilée du très large leader du championnat. Mais il était entendu depuis bien longtemps que la victoire n’échapperait pas au Finlandais, qui réalise ainsi la passe de deux au Pays de Galles. Pour l’octuple champion du monde, tout l’enjeu résidait à empêcher un doublé Ford. Et il ne fallait pas trop forcer non plus, afin de ne pas gaspiller inutilement les 15 points de la troisième place.

Loeb a fait mieux que ça. "S’il faut rouler, je roule", disait-il samedi, à l’issue d’une deuxième journée où il comptait plus de six secondes de retard sur Petter Solberg. Le pilote Citroën avait vite admis l’évidence, à savoir que Latvala était intouchable. Il avait aussi déclaré que si le rallye se finissait comme ça, c’est-à-dire avec une troisième place dans la besace, "ce ne serait pas une mauvaise 'opé'". Ce RAC a d’ailleurs été très stable, sans aucun changement ou presque dans le top 5 à partir de la troisième spéciale. Presque, car dès les deux premières spéciales de dimanche, le patron n’a pas pu s’empêcher de montrer de quel bois il se chauffait.

Il devrait encore avoir son Alsace

A Port Talbot, à moins de huit heures du matin heure locale, Loeb reprenait déjà cinq secondes pile et son retard sur la deuxième place n’était plus que de 1’’4. Rebelote sur la spéciale suivante, où son nouveau temps scratch lui permettait de finir avec 2’’1 d’avance sur Petter Solberg. La deuxième place revenait alors à l’Alsacien, avec 0’’7 de moins que le Norvégien. Ce dernier se réveillait dans la 17e et antépénultième spéciale, en plaçant 3’’2 dans la vue de son adversaire. Il n’en fallait pas plus pour attiser la flamme.

Sur l’ES18, avant-dernier tronçon au programme, Loeb devançait Petter Solberg de 0’’3 et reprenait alors un tout petit centième d’avance au général. Il fera mieux que le tenir sur la Power Stage, en prenant un ultime bol d’air de 0’’8 qui lui permettait de conserver une deuxième place acquise de haute lutte. Et de prendre deux points de plus, en option… Mikko Hirvonen est désormais le seul à pouvoir rattraper son coéquipier, avec 63 points de retard. Pas la peine de faire un dessin: comme en 2010, le double sacre à domicile (pilotes et constructeurs) est annoncé.