Loeb doit se faire une raison

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Loeb reste troisième. (EPA)

Jari-Matti Latvala a accru samedi son avance sur Petter Solberg et sur Sébastien Loeb, en tête du championnat du monde, au soir de la deuxième journée du rallye de Grande-Bretagne. Vainqueur de la super-spéciale longue de 3,4 km, le pilote Ford a désormais une marge de 24,5 secondes sur son coéquipier norvégien, soit deux fois plus que la veille. Le Français, lui, accuse 30,90 secondes de retard sur le leader finlandais.

Gestionnaire, Sébastien Loeb a clairement assuré le coup samedi sur les routes du RAC. La situation n’a presque pas évolué d’une journée sur l’autre, sauf à gonfler légèrement en faveur de Jari-Matti Latvala. Leader vendredi soir avec 15 secondes d’avance sur son coéquipier Petter Solberg, le Finlandais en compte désormais 25, et 30 sur Loeb. Clairement, l’objectif du Français sera de récupérer la deuxième place et les 18 points qui vont avec. Même s’il sera difficile, sur les six spéciales qui restent au programme, d’aller chercher les Ford.

Les routes de terre sont toujours favorables aux adversaires de Citroën, et Latvala avait d’ailleurs déjà gagné le RAC l’an dernier. Vainqueur trois fois de suite de 2008 à 2010, Loeb devra sans doute s’avouer vaincu cette fois-ci. Et pour le bien de sa quête vers un neuvième titre, il serait très sage de ne pas tenter le diable lors de l’ultime jour de course. Son avance sur Latvala et Petter Solberg est toujours de 112 et 97 points, à quatre rallyes de la fin. "On n’est pas non plus dans l’obligation de gagner, avouait d’ailleurs Loeb après les spéciales du matin, alors que les positions étaient déjà quasiment similaires à celles de la fin de journée. Si le rallye se finit comme ça, ce ne sera pas une mauvaise 'opé'."

Loeb: "Je ne vais pas être frustré"

Il est clair que sauf avarie ou sortie de piste, Latvala remportera à nouveau le RAC. Pour l’octuple champion du monde, cette situation originale serait presque agréable à vivre. "C’est sympa d’avoir des objectifs, d’avoir à chercher et à trouver des solutions. J’ai gagné pas mal de rallyes, je ne vais pas être frustré quand je n’en gagne pas un. On vient de gagner les cinq derniers… On n’est pas en mesure de se plaindre. Et si je peux rouler, je roule." Il est plutôt rassurant, aussi, de constater qu’il existe parfois une vraie concurrence.

Placé à sept secondes de Petter Solberg, Loeb peut encore viser la deuxième place. Son matelas d’avance sur Mads Ostberg est confortable, avec 20 secondes de délai. Mais un doublé Ford ce week-end est donc tout à fait crédible, et Citroën doit s’y faire. "Ce n’est évidemment pas la journée dont nous avions rêvé, admet le directeur Yves Matton. Il y a forcément quelque chose que nous n’avons pas compris. Dans le même temps, nos adversaires réalisent une course parfaite. Il nous reste encore une vraie étape pour essayer d’améliorer nos positions." Le grand compétiteur est aussi un éternel insatisfait.