Loeb se régale déjà

Sébastien Loeb s'est baladé au Mexique. (Reuters)

Sébastien Loeb s'est baladé au Mexique. (Reuters)

Sébastien Loeb est plus que jamais le patron en WRC. En remportant le rallye du Mexique pour la sixième fois de sa carrière, et sans jamais trembler, le pilote Citroën a creusé son avance au championnat du monde. D'autant que Jari-Matti Latvala, contraint à l'abandon, voit son statut de n°1 menacé chez Ford.

Au Mexique peut-être encore plus qu’ailleurs, il y a vraiment Loeb et les autres... "Il n'y a pas de secrets, juste ne pas faire de fautes, aller au bout. C’est un type de terrain que j’apprécie, visiblement il m’apprécie aussi", a commenté le pilote de la marque aux Chevrons, sextuple vainqueur sur cette manche du Championnat. Tout proche de le battre l’an passé, Ogier était sorti de la route, offrant un cinquième succès à l’Alsacien sur ce rallye américain piégeux. Cette année, malgré un parcours rallongé, une difficulté à rajouter au profil cassant des spéciales et à la chaleur, celui qui est devenu octuple champion du monde l’automne dernier n’a pas eu besoin d’un tel rebondissement, le dénouement étant presque connu à mi-épreuve.

Latvala victime d’une hécatombe, Solberg nettement en-deçà en performance pure, l’état-major de Citroen a rapidement coupé court à tout duel fratricide entre les DS3. Hors de question de revivre les heures tendues de la bataille de chiffonniers Loeb-Ogier inaugurée ici-même l’an passé. "Quand il y a une avance, il faut capitaliser dessus. On a vu l’an passé qu’il était plus facile de perdre des points que d’en gagner. Il faut continuer sur ce rythme et ne pas perdre l’avance prise en perdant les points engagés là-dessus. Il faut bien analyser les choses avant de poser des actes. Par rapport à la concurrence, c’était le bon moment dans le rallye. C’était tôt, à mi-étape, mais au vu des écarts, il fallait qu’on préserve notre résultat", a justifié le nouveau patron Yves Matton, intronisé en début d’année.

A quoi joue Latvala ?

Et Loeb a pu foncer vers une 69e victoire en WRC, profitant en plus de l’abandon d'un Latvala décevant. Difficile de comprendre la stratégie du Finlandais. Relégué à près de deux minutes à trois spéciales du terme, le leader de l’équipe Ford n’avait plus qu’à assurer sa place sur la troisième marche du podium… et éventuellement attaquer dans l’ultime spéciale, la power stage, pour grappiller trois points de plus et limiter la casse au classement du championnat du monde.

Au lieu de ça, son tonneau dans l’ES 22 le prive de tout point, une catastrophe pour le reste de la saison et qui prêtera sûrement à quelques discussions au sein de l’équipe dirigée par Malcolm Wilson. L’excuse invoquée, une distraction causée par la sortie de piste devant lui de l’intrépide Novikov, ne résiste d’ailleurs pas à l’analyse du chrono. Avant son crash, Latvala avait ainsi près de 18 secondes d’avance sur Loeb au point intermédiaire, 15 sur Hirvonen, tenant un temps scratch à l’importance toute relative. Preuve d’un rythme dantesque à l’utilité discutable.

A vouloir jouer au héros, Latvala a tout perdu. Ce lundi, il est déjà à 40 points de Loeb au classement, un gouffre. Son coéquipier Solberg, tout heureux de récupérer sa place sur le podium, n’en a "que" 19. Moins rapide sur la piste mais plus régulier, l’expérimenté Norvégien pourrait bientôt prétendre lui ravir la place de pilote numéro 1. A suivre… De son côté, Loeb fait déjà les comptes. "Ça nous donne un peu d’air au championnat par rapport à Latvala particulièrement, qui, sur le papier, était notre adversaire principal sur la longueur de la saison. Il l’est peut-être encore, mais a priori, il perd gros avec cette faute sur la dernière longue spéciale. Ça fait nos affaires", se frotte-t-il les mains. Du Mexique, Loeb ramènera encore d’excellents souvenirs.

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