Loeb n°1 du sport auto

Sébastien Loeb a encore de beaux challenges à relever. (Reuters)

Sébastien Loeb a encore de beaux challenges à relever. (Reuters)

En décrochant son huitième titre mondial lors du Rallye de Grande-Bretagne, Sébastien Loeb, qui a désormais le plus beau palmarès du sport automobile, a été encensé par le milieu pour ses compétences, sa rage de vaincre et ses qualités humaines. Son avenir s'écrira encore avec Citroën les deux prochaines saisons avant, sans doute, de dériver sur d'autres terrains.

Dommage que le final n’ait pas été à la hauteur du reste de la saison… Le duel ultime entre Sébastien Loeb et Mikko Hirvonen, ce week-end sur les routes du légendaire RAC, a tourné court, sabordé par l’abandon prématuré du Finlandais, avant l’arrêt du Français même dans la troisième et dernière étape. Huit points, c’est donc la marge qui demeurera à jamais entre les deux pilotes pour cet exercice 2011. Il y a deux ans, la différence en faveur de l’Alsacien s’était faite à l’unité près… Mais le championnat qui vient de s’achever a peut-être été plus éprouvant encore pour celui qui compte dorénavant huit titres mondiaux à son palmarès.

Des consignes d’équipe mal assumées, une rivalité exacerbée avec un coéquipier aux dents longues et au potentiel exceptionnel, une mauvaise passe ouverte en Allemagne - là où il restait sur huit victoires consécutives – et conclue sur un abandon douloureux à domicile, dans son Alsace natale, cette année n’aura pas été de tout repos pour Sébastien Loeb. Reste un exploit accompli en Finlande, où l’intéressé a su s’imposer pour la deuxième fois de sa carrière, et de beaux succès signés au Mexique, en Sardaigne, en Argentine ou en Catalogne pour légitimer son statut d’octuple champion du monde des rallyes.

Huit couronnes coiffées de rang dans un sport automobile, jamais un pilote n’avait réalisé pareille performance. Michael Schumacher, sept fois sacré en F1, ne s’y est pas trompé, s’empressant de féliciter son compagnon occasionnel de circuit, quand les deux hommes se divertissent sur deux roues. Comme un certain Sebastian Vettel: "Le fait qu'il s'assure d'être toujours un peu plus rapide que les autres, parfois beaucoup plus, durant autant d'années, tout en commettant très peu d'erreurs veut tout dire. Michael est une exception, Sébastien en est assurément une autre", dixit le double champion du monde de F1, samedi, dans la foulée des qualifications du Grand Prix d’Abu Dhabi.

Un avenir tout tracé

Champion WRC en 1994, Didier Auriol, lui, relativisait la série de son héritier ce week-end dans un entretien accordé à 20 Minutes: "Chaque période a eu des pilotes rapides. Je ne crois pas aux surhommes. Il y a des limites dans tout. Si Sébastien avait connu l'époque où on était huit à se battre à coups de secondes sur tout le championnat du monde, il aurait gagné des rallyes, c'est sûr, mais il n'aurait pas gagné tous les titres." Une analyse qui n’enlève rien de toute façon au mérite de l’Alsacien, multiple recordman au sein de sa discipline (voir Loeb et Elena en chiffres). Et l’histoire n’est pas terminée…

En août dernier, Sébastien Loeb a levé le voile sur son avenir, non sans avoir pris le temps de la réflexion. "A un moment, effectivement, j’ai eu envie de changer d’air. Mais comme je le disais, entre le dire ou le penser et le faire, c’est bien différent ! J’ai pensé à de nouveaux challenges, mais finalement, je reporte… et c’est très bien ainsi. Je suis soulagé d’avoir pris cette décision et de continuer", confessait-il alors. Citroën va pouvoir ainsi compter sur ses services deux saisons de plus, pour deux titres pilotes supplémentaires ? De cette perspective dépendra peut-être l’identité de son futur coéquipier. En marge du RAC, Sébastien Ogier a rappelé qu’il lui restait deux ans de contrat avec le constructeur au double chevron. Et Mikko Hirvonen n’a pas souhaité commenter la rumeur le liant prochainement à l’équipe d’Olivier Quesnel.

En attendant ces deux années qu’il présente comme les dernière se sa carrière en WRC, Sébastien Loeb a d’ores et déjà assuré ses arrières. Dès l’an prochain, la structure qu’il vient de créer avec son comparse Dominique Heintz, le team Sébastien Loeb Racing, prendra part à la Porsche Matmut Carrera Cup, voire à la Peugeot RCZ Cup, tout en travaillant à l’engagement futur d'une Formula Le Mans aux 24 heures sarthoises à l'horizon 2014. "C'est un vrai challenge: il ne faut pas sous-estimer l'ampleur du défi. Mais c'est aussi cela qui est plaisant ! Je vais découvrir de nouveaux aspects, des aspects qui peuvent représenter mon avenir, et qui peuvent me permettre de rester en rapport avec le sport automobile et ainsi de continuer à vivre ma passion", soufflait le principal intéressé voilà quinze jours. Anticiper le moindre virage, prévoir… le secret de Sébastien Loeb pour régner en maître. Et ça fait huit ans que ça dure…

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