Le grand huit pour Citroën ?

Sébastien Loeb veut aider Citroën à remporter un huitième titre constructeurs. (Reuters)

Bien parti pour accrocher un huitième titre de constructeur à son palmarès, Citroën devra marquer plus de points que son concurrent Ford lors du Rallye de Grande-Bretagne, qui commence jeudi. Pour cela, l'écurie aux chevrons comptera sur Sébastien Loeb, vainqueur de sept rallyes sur les neuf déjà disputés.

La messe est déjà dite en WRC. Sauf cataclysme, Sébastien Loeb et Citroën garderont leurs titres respectifs cette saison. Reste à savoir quand tout cela sera officiel. Selon toute logique, si l’on s’en tient à la dynamique du moment, le verdict pourrait tomber ce week-end au Pays de Galles chez les constructeurs, et trois semaines plus tard pour les pilotes, en Alsace. A moins que l’ovale bleu ne devienne subitement irrésistible. Et encore...

Sept points, c’est la marge que le double chevron devra s’offrir en Grande-Bretagne pour coiffer dès dimanche la première de ses couronnes promises. Aujourd’hui crédité de 123 longueurs d’avance sur Ford, le team de Satory sera sacré pour la cinquième année consécutive s’il repart de Cardiff avec 130 unités de plus que son rival au compteur. Les trois derniers rallyes du championnat n’ouvrant pas droit à plus de 129 points constructeurs.

"Être en mesure de décrocher le titre constructeurs à quatre rallyes de la fin démontre la qualité du travail effectué par l’équipe depuis le début de la saison, se félicite Yves Matton, le directeur de Citroën Racing. Nous ne ferons pas preuve d’un excès d’optimisme pour autant, nous connaissons trop la valeur de nos adversaires sur ce terrain pour cela. Nous nous attendons à une course difficile, au cours de laquelle la gestion des pneumatiques en fonction de la météo pourrait jouer un rôle-clé."

Hirvonen: "Ça m’ôterait un peu de pression"

A cette époque de l’année, le traditionnel RAC, humide et boueux à souhait, pourrait bien se courir sur piste sèche, rapide et abrasive, comme l’imagine Didier Clément, ingénieur exploitation des Rouges: "Dans la mesure où nous avons même eu de la pluie au rallye de l’Acropole, il faut se préparer à tous les types de situations. Les deux éditions disputées à pareille époque, en 2004 et 2005, avaient été marquées par une météo plutôt douce, qui avait rendu les spéciales encore plus rapides que d’habitude."

Ce terrain si particulier, Mikko Hirvonen l’a déjà apprivoisé par le passé, vainqueur en 2007 d’un rallye qui offrit à Ford le troisième – et dernier - titre constructeurs de son histoire. "C’est un de mes meilleurs souvenirs, avoue l’intéressé. J’ai par la suite affronté plusieurs fois Sébastien sur ce rallye pour le titre pilotes, mais je n’ai jamais réussi à le battre ! J’aimerais vraiment que nous offrions le championnat à Citroën en Grande-Bretagne. Il s’agirait d’une véritable performance collective qui m’ôterait un peu de pression pour les derniers rallyes. Je n’aurais plus à penser aux points et je pourrais me lâcher un peu plus, notamment sur asphalte où je dois prendre un peu plus de risques pour m’approcher de la limite."

Triple lauréat de l’épreuve mais victime de la voiture d’un spectateur l’an dernier en liaison, sur la route de son huitième triomphe, Sébastien Loeb lui n’a plus à se poser de questions. "Cette année, ce serait bien de gagner pour offrir une huitième couronne à l’équipe. Cela nous mettrait également dans une position idéale pour remporter un neuvième titre lors du rallye de France. Je n’en fais toutefois pas une obsession, j’aborderai ce rallye comme tous les autres", avance-t-il serein. Si Petter Solberg, le troisième du classement qui à ce jour compte 95 longueurs de retard sur la première place, ne lui reprenait pas 12 points au moins au Pays de Galles, alors l’Alsacien pourrait prématurément célébrer son neuvième titre de champion du monde. Mikko Hirvonen, son actuel dauphin, n’aurait rien à y redire.