Stoner, pour la forme

Casey Stoner disputera au Japon l'un de ses derniers Grands Prix. (Reuters)

Casey Stoner disputera au Japon l'un de ses derniers Grands Prix. (Reuters)

Alors qu'il n'a disputé aucun des trois derniers Grands Prix, blessure oblige, Casey Stoner retrouvera les circuits ce week-end, lors du Grand Prix du Japon. S'il n'a plus aucun rôle à jouer dans la course au sacre mondial, le pilote australien entend bien s'illustrer, lui qui prendra sa retraite à la fin de la saison. Quitte à gêner son coéquipier Dani Pedrosa qui se bat toujours pour le titre contre Jorge Lorenzo ?

Dani Pedrosa n’a plus le droit à l’erreur. Vainqueur de trois des quatre derniers Grands Prix disputés, à Indianapolis, Brno et en Aragon, le pilote Honda a pourtant perdu du terrain sur son rival Yamaha Jorge Lorenzo, leader du championnat avec 33 longueurs d’avance. Son zéro pointé à Misano, il est vrai, lui coûte cher. D’autant que le Majorquin, lui, est d’une régularité bluffante, avec une série en cours de sept podiums consécutifs, et le top 2 assuré 13 fois sur 14 cette saison.

A quatre courses du verdict, Pedrosa ne peut donc plus se permettre de perdre des points en route. Même s’il venait à remporter les quatre Grands Prix ultimes, au Japon, en Malaisie, en Australie et à Valence, quatre deuxièmes places permettraient à son rival espagnol de conserver son trône. Le Catalan va donc avoir besoin de soutien d’ici à la fin du championnat pour refaire son retard et souffler à Lorenzo son second titre de champion du monde MotoGP – le quatrième toutes catégories confondues.

Seulement voilà, les pilotes s’étant montrés capables de rivaliser avec la M1 n°99, et surtout de la devancer à la régulière, se sont fait rares cette année. Exception faite du Grand Prix des Pays-Bas où "Por Fuera" aura été fauché par Alvaro Bautista, jamais les concurrents de premier plan que sont Valentino Rossi, Nicky Hayden, Andrea Dovizioso, Cal Crutchlow ou Ben Spies n’ont su prendre le dessus sur l’intéressé. Outre Pedrosa, il n’y a guère que Casey Stoner qui y soit parvenu, à trois reprises: à Jerez, à Estoril et à Laguna Seca.

Chacun pour soi !

Eloigné des circuits depuis trois Grands Prix après une mauvaise chute à Indianapolis et une opération de la cheville droite devenue inévitable fin août, le champion du monde sortant fait son retour à la compétition ce week-end au Japon. Sans certitude aucune, si ce n’est l’assurance de ne plus pouvoir briguer le titre. "J'ai suivi les recommandations du médecin pour bien récupérer. La bonne nouvelle est que je me sens prêt à courir au Motegi. […] Mais c’est un tracé exigeant sur le plan physique. La première séance d'essais de vendredi sera cruciale pour voir où en est ma cheville et évaluer la pression que je pourrais mettre dessus."

Quel que soit le niveau de compétitivité de l’Australien sur le circuit nippon, Dani Pedrosa sait qu’il ne pourra pas forcément compter sur son coéquipier dans sa quête d’un premier sacre dans la catégorie reine. "Les championnats ne se gagnent pas grâce aux autres mais en arrivant devant tout le monde, considérait le Catalan dernièrement. Je connais Casey, c’est un pilote qui veut gagner et encore plus aujourd’hui alors qu’il aborde les derniers Grands Prix de sa carrière. S’il prend des points importants à Lorenzo, ce ne sera pas dû à une stratégie d’équipe."

Pedrosa sait de quoi il parle. En 2006, alors que son coéquipier chez Honda Nicky Hayden convoitait le titre suprême (titre qu’il remportera finalement aux dépens de Valentino Rossi), le jeune rookie qu’il était avait causé la chute de l’Américain lors de l’avant-dernière manche de la saison, à Estoril… Preuve qu’il n’y a pas d’esprit d’équipe qui tienne en MotoGP !